Livre d'or

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BAGBO Le 25/12/2010

L'intégralité du discours à la Nation du Président Laurent Gbagbo.


"Ivoiriennes,
Ivoiriens,
Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.

Le vendredi 3 décembre 2010, le Conseil constitutionnel de la République de Côte d’Ivoire a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Ces résultats sont connus de tous, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

J’ai remporté le scrutin, avec 51, 45 % des suffrages. Je suis le Président de la République de Côte d’Ivoire.
Je remercie les Ivoiriens de m’avoir renouvelé leur confiance.

Conformément à l’article 39 de la Constitution, j’ai prêté serment, devant le Conseil constitutionnel réuni en audience solennelle au Palais de la Présidence de la République, le samedi 4 décembre 2010.
Le lundi 6 décembre, j’ai nommé un premier ministre et le premier conseil des ministres du nouveau mandat s’est tenu au Palais présidentiel le mardi 7 décembre 2010.

Le pays s’est aussitôt remis complètement au travail. Les mesures de sécurité, en vigueur durant le scrutin, sont levées ou allégées, dès le lundi. Les frontières sont rouvertes et les horaires du couvre-feu aménagés. L’Etat fonctionne. L’économie est en route.

Durant tout ce processus, je m’en suis tenu, scrupuleusement, aux règles établies par notre Constitution. Et les Ivoiriens, dans leur immense majorité, ont choisi de suivre la voie de la légalité républicaine qui garantit le fonctionnement démocratique des Institutions.

Je remercie les Ivoiriens pour leur attachement à notre patrie et aux Institutions de la République.
Les troubles que l’on observe aujourd’hui, en Côte d’Ivoire sont nés du refus de mon adversaire de se soumettre aux lois, règlements et procédures en vigueur dans notre pays.

Je tiens donc pour responsables des tueries, des incendies et des pillages, perpétrés au cours de la marche insurrectionnelle du Rhdp le 16 décembre 2010, ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, ont décidé d’agir contre les lois ivoiriennes. Ils nous font la guerre, non pas parce que nous aurions empêché l’expression démocratique des Ivoiriens, mais parce qu’ils renient au peuple ivoirien son droit souverain de choisir lui-même ses dirigeants, de respecter les Institutions qu’il s’est donné et de vivre dans un pays libre.

Selon les lois ivoiriennes, en effet, la Commission électorale indépendante (Cei), organise les élections et en proclame les résultats provisoires. Il revient au Conseil constitutionnel, et à lui seul, de proclamer les résultats définitifs.

L’article 59 alinéa 2 du code électoral stipule que la Commission électorale indépendante « procède aux opérations de collecte et à la proclamation des résultats provisoires, au niveau national et en présence des représentants des candidats».

Dans une note circulaire en date du 13 novembre 2010, la Cei elle-même, a indiqué que cette «proclamation des résultats globaux par le Président de la Cei se fait en séance publique en présence des Commissaires centraux».

Au lieu de cela, à quoi avons-nous assisté ? Le jeudi 2 décembre 2010, Monsieur Youssouf Bakayoko, président de la Cei, se retrouve, contre toute attente, à l’Hôtel du Golf, Quartier général de campagne de mon adversaire. Là-bas, seul, sans les commissaires centraux ni les représentants des candidats, il a proclamé des résultats de l’élection présidentielle en violation de toutes les dispositions légales et réglementaires régissant la Cei.

Il est évident que ces résultats sont nuls et de nul effet. Et c’est en se fondant sur ces résultats que la communauté internationale déclare la guerre à la Côte d’Ivoire. Cela n’est pas acceptable et cela ne sera pas accepté.

La vérité, c’est qu’à la fin du deuxième tour de l’élection présidentielle, la Cei n’a pas été capable de proclamer les résultats provisoires dans les délais prescrits par la loi, soit 72 heures après la clôture du scrutin. Elle a plutôt donné au monde entier, le spectacle affligeant d’une Institution bloquée par ses contradictions internes, étant composée de représentants des partis politiques et de la rébellion armée.

La Cei a failli. Il revenait au Conseil constitutionnel de se saisir du dossier. Ce qu’il a fait.

Je rappelle que la Commission électorale indépendante (Cei) est une autorité administrative tandis que le Conseil constitutionnel est la plus haute juridiction de la Côte d’Ivoire. Les deux Institutions ne sont pas comparables et il est illégitime de les comparer. Leurs décisions sont de natures différentes. Elles n’ont pas les mêmes fondements, ni la même portée.

Aux termes de l’article 2 du code électoral, les missions de la Cei sont d’assurer notamment :
La garantie sur toute l’étendue du territoire national et à tous les électeurs, du droit et de la liberté de vote;

Le contrôle de la régularité du déroulement des opérations de vote, de dépouillement des bulletins de vote et de recensement des suffrages;

La collecte des Procès-verbaux des opérations de vote et la centralisation des résultats ;

La proclamation provisoire ou définitive des résultats de toutes les élections à l’exception de l’élection présidentielle et du referendum pour lesquels la proclamation définitive des résultats relève de la compétence exclusive du Conseil constitutionnel.

Mes chers compatriotes,
Chers amis de la Côte d’Ivoire.

L’élection du 28 novembre 2010 est bien une élection présidentielle. Il fallait attendre la décision du Conseil constitutionnel pour connaître les résultats définitifs et le nom du vainqueur. J’ai attendu que le droit soit dit.

Les troubles qui endeuillent aujourd’hui mon pays font suite aux déclarations tendant à faire croire que la qualité de Président de la République de Côte d’Ivoire peut échoir à une personne autre que celle qui est proclamée élue par le conseil constitutionnel.

Le bilan de ces troubles est lourd: Pour la seule journée du jeudi 16 décembre 2010, nous avons enregistré 20 morts dont 10 membres des forces de l’ordre, tués par balles.

Je salue la mémoire de nos hommes, nos Forces de Défense et de Sécurité, tombés au champ d’honneur. Je salue la mémoire de toutes les personnes mortes au cours de ces journées de folie. Elles sont nos martyrs, les martyrs de la République. Elles sont mortes pour défendre la Constitution ivoirienne et les institutions qui l’incarnent.

Je souhaite prompt rétablissement à tous ceux et à toutes celles qui sont blessés. Je souhaite du courage à ceux, et ils sont nombreux, qui ont vu leurs maisons pillées et incendiées.

On veut nous terroriser mais il ne faut pas croire que les légalistes vont le céder à ceux qui ont pris la voie de l’illégalité. Ceux qui respectent la constitution et donnent leur vie pour la défendre ne vont pas le céder à ceux qui veulent saper les fondements de la République et de la démocratie.

Mes positions sur la conquête et l’exercice du pouvoir sont connues. Pour moi, il ne faut pas vouloir le pouvoir pour le pouvoir. On veut le pouvoir pour servir le peuple. Le pouvoir ne peut pas servir de moyen pour faire souffrir le peuple. Je ne veux plus que le sang soit versé. Je ne veux plus de guerre. Je ne veux pas que le sang d’un seul ivoirien soit versé. Je ne veux pas d’une guerre en Côte d’Ivoire qui peut s’étendre aux pays voisins ou les affaiblir.

Je suis donc prêt, dans le respect de la constitution, des lois ivoiriennes et des procédures que nous nous sommes librement données, à accueillir un comité d’évaluation sur la crise post- électorale en Côte d’ivoire. Ce Comité, dirigé par un représentant de l’Union Africaine, et comprenant des représentants de la Cedeao, de l’Uemoa, de la Ligue Arabe, des Nations Unies, des Etats-Unis, de l’Union Européenne, de la Russie et de la Chine, aura pour mission d‘analyser objectivement les faits et le processus électoral, pour un règlement pacifique de la crise.

Ce Comité devra également comprendre des Ivoiriens de bonne volonté.

Je lance un appel à toutes les personnalités qui se trouvent encore à l’hôtel du Golf de regagner leurs domiciles. Personne ne les a contraints à se réfugier dans cet hôtel. Personne ne les empêchera d’en sortir. Elles sont libres de leurs mouvements.

J’appelle les Ivoiriens à la retenue. Nous avons demandé le départ de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) et des forces françaises qui la soutiennent. Notre démarche s’est faite par la voie diplomatique. C’est par la voie diplomatique que nous entendons obtenir satisfaction sur cette exigence capitale, pour notre souveraineté.

Je demande aux jeunes de rester calmes. L’Onuci et les Forces françaises partiront de Côte d’Ivoire mais nous ne voulons pas de morts inutiles. Nous avons encore tous en mémoire les douloureux souvenirs des événements de novembre 2004.

Aujourd’hui en 2010, comme hier en 2002, 2003, 2004, 2007, je tends la main du dialogue. Je tends la main à l’opposition, à Monsieur Ouattara, comme à la rébellion armée qui le soutient.

J’ai confiance en notre capacité à construire une nation dans la paix, la démocratie et la prospérité. Quittons le chemin de la guerre. Reprenons notre marche vers le progrès dans la paix.

Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire!
Que Dieu bénisse les Ivoiriens !
Que Dieu bénisse l’Afrique !

Je vous remercie".

OUAANKH POEME KEMET Le 10/09/2010

Poème et textes Egyptiens

Je suis celle qui possède la rame dans la barque du commandement.
La souveraine de vie,
Guide de la lumière sur les belles routes,
Je suis celle qui fixe les câbles devant les gouvernails, sur les routes de l'Occident,
Je suis la Troisième,
La souveraine de brillance,
Celle qui guide le grand qui est épuisé sur les routes des éveillés.
Je suis celle qui possède la splendeur sur les routes du ciel nuageux.
Je suis celle qui possède les vents dans l'île de la joie, Je suis celle qui possède des avirons,
Qui guide ceux qui sont dans leurs cavernes,
Je suis Hathor,
Souveraine du ciel du nord,
Qui fixe les câbles des éveillés,
Je suis une place de quiétude pour celui qui pratique la justesse.
Un bac pour ses élus,
Celle qui crée la barque pour traverser le juste."
Textes des Sarcophages IV: 177a-j et Livre de sortir au jour, chapitre 186


Belle ! Belle ! Isis par ce poème .
je viens te rendre hommage et respect
Isis , ho ,Isis ne soit pas troublée,
belle Isis aux ailes déployées
devant ce ciel étoilé
en position d inné respect
tu ouvres tes ailes parées
comme pour arrêter
devant nous , enfants nés
le mal libéré avec ses méfaits
ton autorité le stop inné
belle Isis aux ailes déployée
toi qui veille sur nous acharnée
de ton passé a ce renouveau laid
les dieux de l Egypte t ont aimée
par ta sagesse , ton amour et ta beauté
belle Isis aux ailes déployées
dans notre monde ta vie peut continuer
a voir ,observer et regarder
ce que le temps a donné aux hommes nés
leurs valeurs , leur consciences dans un destin bouché
d éducations et d êtres abandonnes
Isis ..Ho! Isis ne soit pas troublée
de ce monde aux constants insatisfaits
aux règles de vies mal gérées
tes ailes belle Isis ne seront jamais souillées
ta vie et ton âme énoncée
resteront toujours la splendeur d’un passe
a ce monde ou on t implorait et t adorait
belle Isis dans ce monde imparfait
je viens par ce poème dédicacé
te rendre amour et respects
comme au lointain temps passé
Prophétie Egyptienne

Je suis le vieil Atoum, serpent d'éternité.
Ma lumière a craché ces étoiles sans nombre,
Puis les dieux ont jailli de la profondeur sombre,
Plus nombreux que la mouche au soleil de l'été.

Ils jettent en clameurs leur importunité,
Ils m'ennuient ! La colère aux yeux de sang m'a sombre,
Je changerai leurs tours en fulgurants décombres :
Ils seront comme s'ils n'avaient jamais été.

Quant à moi, renaissant dans ma forme nouvelle,
Cette merveille d'or où l'azur se révèle,
Je ressusciterai comme l'oiseau Benou !

Sur le cadavre des Anciens, une doctrine
Sèmera, dans l'extase et la splendeur divine,
Une âme surhumaine aux peuples à genoux.
Egypte

Les sycomores bleus balancent au Zéphyre
Leur fastueux panache où nichent des ibis
Si roses qu'on dirait des jouets de rubis.
Le Sphinx les fixe avec ses regards de porphyre.

Le ciel illimité déroule son délire
Sur le sable, pareil au sommeil des zombis,
Que les cailloux de miel couvrent de clairs habits.
Mais quel fleuve lointain fait résonner sa lyre ?

C'est Lui, le Nil sacré, fils éternel des monts !
Sous les faucons d'agate et les éperviers mauves
Il s'avance, entouré du hurlement des fauves ;

Et l'ermite, que trouble un troupeau de démons, Rêve dans sa caverne, à l'ombre des pilastres,
Aux fruits de paradis que mûrissent les astres.
Devant l'Eternité du Nil

Sur le jaune océan des sables sans rivage,
O Nil, fils du soleil ! O Nil, père des eaux !
Tu déploies lentement ta crinière sauvage
A travers les palmiers ensanglantés d'oiseaux.

Ton éternel cristal s'écoule avec emphase,
Brisé d'un crocodile aux sursauts véhéments,
La gazelle qui nage en ton clair firmament
Broute les blancs lotus, où l'étoile s'embrase.

Un transparent sorcier chaque année t'exorcise
Et transmue tes saphirs en déluge de sang.
Sur son trône de feu la pyramide assise
Jette vers ta souffrance un rêve éblouissant.

La nuit, lorsque la lune incarne ton délire,
Nephtys, déesse sombre aux ailes d'épervier,
Vient laver ses cheveux que les enfers pâlirent...
O Dieux ! L’âme des morts pullule en tes viviers !

Tes flots vertigineux s'échappent hors du nombre ;
Tu nais aux monts sacrés où les lacs bouillonnants
Déroulant leur spirale illimitée dans l'ombre,
Vont rejoindre la flamme au cœur des continents.

Les nefs qui transportaient les tendres pharaonnes
Dans l'étincellement des bijoux et des cors,
Sous la voile éclatée où les brises frissonnent,
En tes reflets d'éther vivent-elles encor ?

Immuable géant, tu vis avec dédain
Les lourds guerriers d'Assur passer sur leurs cavales !
Leurs casques foudroyés, tu les roulas soudain
O vainqueur ! par le fier fracas de tes cymbales.

Dans ton gouffre fatal sont venus s'engloutir
Les purs vautours de Perse et les louves de Rome.
Tes sycomores d'or ne cessent de gémir
Sur la pâle Byzance aux brûlants hippodromes.

Lorsque dans l'avenir le désert triomphant
Sur les ruines de l'homme étendra sa colère,
Quand Eve pleurera ses ultimes enfants
Dont les cadavres noirs fondront dans les tonnerres ;

Quand tout sera tombé, les cités et les dieux,
Les usines d'acier, les églises d'albâtre,
Quand des astres nouveaux terrifieront nos cieux
Près d'un morne soleil aux longs sanglots rougeâtres,

Empereur de la vie, tu couleras toujours
A travers l' inconnu frisson des térébinthes,
Parmi les monstres nés du mystère des jours
Dont ta voix triomphale emportera les plaintes...
livre "De l'autre Cygne à l'Un"

Des gens dansent main dans la main,
Si heureux de pouvoir chanter
Des paroles où le chagrin
A laissé place à la gaieté.

En les regardant de plus près,
On voit qu'ils sont très différents,
Hommes, femmes, noirs, jaunes, blancs,
Juifs, musulmans et que jamais

Ils ne se regardent méchamment.
Bien au contraire, en dansant,
Ils semblent tellement joyeux

Que rien ne pourrait séparer
Ces gens qui aiment chanter,
Se tenir par la main, heureux.
Texte des pyramides

Comme il est beau de voir le roi,
Le front ceint comme celui de Rê,
Vêtu de son pagne comme Hathor,
Sa plume étant comme la plume du faucon
tandis qu'il s'élève vers le ciel,
Parmi ses frères les dieux
Comme elle est belle la vision,
Comme elle est élevée la contemplation de ce dieu
Lorsqu'il monte au ciel,
Comme monte au ciel son père Atoum.
Son Bâ est au-dessus de lui,
Ses charmes magiques à son côté
Et la crainte qu'il inspire à ses pieds.
Trois vœux

Ah ! puisses-tu te hâter vers ton amie,
comme le messager du roi,
dont le maître attend avec impatience le message
qu'il désire entendre.
Pour lui, des écuries entières sont harnachées.
Pour lui, des chevaux sont maintenus au relais.
Et le char est prêt, dans lequel il se tient.
Il ne doit pas s'arrêter en route.
Lorsqu'il atteint la demeure de la bien-aimée,
son cœur se livre à la joie.
Ah ! puisses-tu venir à moi,
comme un cheval du roi,
choisi entre tous :
la gloire de l'écurie.
Il reçoit le meilleur fourrage,
son maître connaît son pied,
lorsqu'il entend le fouet,
on ne peut l'arrêter.
Le meilleur des conducteurs de char
ne peut le dépasser.
Le cœur de l'amant sait bien
qu'il n'est pas éloigné de son amie.
Extrait des chants de l'amour de l'Egypte Ancienne
LA BELLE EGYPTE

La belle Egypte au bord du Nil
Danse,
Air léger sur l’eau claire ;

La jolie fille aux reflets verts
Joue,
Cheveux gais, robe en fil.

Le noir bédouin du grand désert
Crie,
Sol torride et vent vif ;

Le garçon dur au corps massif
Court,
Œil de sang, ventre amer.

Les deux amants, flammes et miel,
Roulent,
Eclairs et tournoiements ;

Le Nil discret paisiblement
Va,
Impavide, éternel.
Poème de la tombe de Nakht

Voici les conseils au jeune homme que l'on peut lire dans la Sagesse d'Any, un texte qui date de 1500 ans avant notre ère. Cela laisse rêveur ....

Rends au double les aliments que t'a donnés ta mère, portes-la comme elle t'a porté ; tu as été pour elle une charge lourde et fatigante, mais elle ne t'a pas abandonné. Lorsqu'elle te mit au monde, durant des mois tu fus lié à elle ; ses seins furent dans ta bouche pendant 3 ans. Tandis que tu grandissais, tes excréments la répugnaient, mais son cœur n'était pas dégoûté, disant : "Que ne ferais-je encore ?"Lorsqu'elle t'envoya à l'école, alors qu'on t'apprenait à écrire, chaque jour elle veilla à ta nourriture, portant le pain et la bière de sa maison. Prends femme alors que tu es jeune encore, et à ton tour fonde une famille. Veille alors sur tes enfants et élève-les comme l'a fait ta mère. Ne fais pas en sorte qu'elle puisse te blâmer, ni élever ses mains vers Dieu, car celui-ci entendrait sa plainte !
Hymne à Aton

Tu apparais merveilleux à l'horizon du ciel
Toi ATON vivant, commencement de la vie.
Tu es grand, gracieux, brillant au-dessus de tous pays,
Comme tu es Rê, tu atteins la fin de tous,
et aucun des hommes ne connais tes voies.

Lorsqu'à l'horizon de l'Occident tu disparais,
le pays entre dans les ténèbres et semble mort.
L'obscurité devient un linceul et le silence couvre la Terre

A l'aube lorsque tu te lèves à l'horizon
par tes rayons tu chasses l'obscurité.
Arbres et plantes fleurissent
les oiseaux s'envolent de les
les poissons dans la rivière sautent devant tes bras
les poussins sortent de leur coquille pour te parler

O Dieu Unique, semblable à nul autre,
Seul, Tu as créé le monde selon ton désire
tu donnes à chaque homme le nécessaire,

Tu calcules le temps de chaque vie
et tu as créé les hommes différents
par leur nature et leur couleur de peau.

Tu as créé un Nil dans les cieux pour les étrangers
il arrose les champs, fructifie les graines,
et renouvelle le limon des montagnes

O Seigneur d'éternité !
Tes rayons allaitent chaque prairie

Tu as fait des millions de formes de toi-même
Tu es " Aton, lumière du jour " sur la Terre
Tu as rempli mon cœur en lui donnant
la connaissance de ton savoir et ta force.
Poème datant de 2100 av jc
Concernant le bonheur simple des hommes

« Cela est bon, assurément, de descendre le fleuve….
Cela est bon assurément lorsque le filet est tendu et les oiseaux pris…
Cela est bon assurément quand les chemins sont fait pour la promenade.
Cela est bon assurément lorsque les mains des hommes construisent des pyramides et creusent des étangs et font pour les dieux des vergers.
Cela est bon assurément lorsque les hommes sont ivres et qu’ils boivent, le cœur heureux.
Cela est bon assurément quand les cris de joie sont dans toutes les bouches, tandis que les chefs des nomes sont là, debout, regardant les réjouissances depuis leur maisons, vêtus de lin fin, (tenant) devant eux le bâton de commandement, le cœur fier.
Cela est bon assurément lorsque les lits sont apprêtés, le chevet des grands personnages bien protégés, lorsque le besoin de chaque homme est assuré simplement par une natte à l’ombre, la porte close sur celui qui est étendu dans les buissons »

Article écrit par Myriam

Ramses Le 22/05/2010

http://www.congo-siteportail.info/Une-statue-du-pharaon-Thoutmosis-III-sera-erigee-a-Brazzaville_a[/u]672[/u]5.h[/u]tml[/u]

Ramses Le 22/05/2010

Une statue du pharaon Thoutmosis III sera érigée à Brazzaville
La statue de l’un des plus grands empereurs de l’Egypte antique, Thoutmosis III, sera érigée dans la capitale congolaise dans le cadre du renforcement des liens existant entre les peuples égyptien et congolais. Le ministre congolais de la culture et des arts, Jean Claude Gakosso a réceptionné cette statue le 22 avril à Brazzaville, des mains de l’ambassadeur d’Egypte au Congo, Khaled Omran.



«Ce pharaon fait non seulement ma fierté, mais il devrait aussi l'être pour l'Afrique entière. En effet, l'Egypte sous la ferrure de Thoutmosis III était devenue un empire. Ainsi, est-il considéré comme le premier empereur de l'histoire», a expliqué le diplomate égyptien.

Il a ajouté que la plupart des historiens considèrent Tutomissis III, comme le «Napoléon d’Orient», en raison de ses nombreuses campagnes militaires.

Le haut représentant du Chef de l’Etat congolais chargé de l’enseignement supérieur, le Pr. Théophile Obenga, égyptologue, a précisé que ce Pharaon était aussi un scientifique au sens propre du terme parce qu’il a créé le premier jardin botanique dans l'histoire du monde.

«Il a ramené en Afrique, les plantes originaires de l'Orient, notamment de la Mésopotamie. Homme très cultivé aimant la nature, ce fut aussi un poète, un artiste et un botaniste», a-t-il renchéri.

Thoutmosis III a eu le règne le plus long de la XVIIIe dynastie, 54 ans (de 1479 à 1425 avant Jésus-Christ). Sa personnalité et ses succès à l'extérieur de l'Egypte ont marqué la mémoire des anciens Egyptiens.

«Nous sommes au commencement des choses. Nous avons ici un bel exemple de l'un de ces grands hommes qui ont régné sur le monde (…). Le Congo est une terre de liberté, de culture et aujourd'hui une terre de diversité culturelle», a fait savoir Jean Claude Gakosso.

C’est la mairie de Brazzaville qui devra décider du lieu où sera placée la statue de Thoutmosis III.

Ramses Le 22/12/2009

Pie XII : le pape qui avait peur du Noir
Pour une surprise c’en est une ! Le pape Benoit XVI a donc, contre toute attente, signé le décret sur les "vertus héroïques" de Pie XII, ultime étape avant la béatification de ce dernier. Une surprise car son prédécesseur reste contesté pour son silence pendant la Shoah, mais aussi pour ses préjugés racistes comme l’a révélé le livre de Serge Bilé et Audifac Ignace, « Et si Dieu n’aimait pas les Noirs : Enquête sur le racisme aujourd’hui au Vatican ».
Des préjugés qu’il manifeste notamment le 26 janvier 1944, deux mois après le début de la campagne d’Italie. Alors que les armées américaines, françaises et britanniques, font route vers Rome, le pape Pie XII dépêche son Secrétaire d’état, le cardinal Luigi Maglione, auprès de l’ambassadeur de Grande Bretagne, près le Saint-Siège, sir Francis Godolphin d’Arcy Osborne, pour lui présenter une étonnante requête. Sir d’Arcy Osborne transmet aussitôt, par télégramme, la demande du Saint-Père au commandement des forces alliées : « Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération ».
Et le diplomate d’ajouter cette précision grinçante, qui montre à quel point il a été, lui-même, estomaqué par cette exigence : Maglione « s’est empressé de souligner que le Saint-Siège ne fixe pas de limite dans le degré des couleurs, mais espère que sa demande sera prise en compte ».
Quand arrive le télégramme, l’état major allié est à la fois surpris et embarrassé, d’autant que la requête du souverain pontife vise, non seulement les soldats afro antillais et noirs-américains, mais aussi algériens et marocains, c'est-à-dire une grosse partie des troupes engagées dans la reconquête de la ville éternelle, alors aux mains des nazis. Mais très vite, la décision est prise de ne rien changer au programme, au grand dam du Saint-Père.
Consigné dans les archives du Foreign Office, le télégramme de sir d’Arcy Osborne a longtemps été ignoré, avant d’être exhumé récemment, suscitant des débats publics en Italie et aux états-Unis. En mars 2000, dans la célèbre émission Sixty Minutes, le père Gumpel, « postulateur » (avocat à charge et décharge) du dossier de béatification de Pie XII, prend sans retenue la défense de Pie XII et justifie sa requête par le fait qu’il avait été informé de nombreux cas de viols commis par des G.I.’s afro-américains sur_des femmes italiennes. Sept ans plus tard, lorsque la presse transalpine fait état, à son tour, du télégramme de sir d’Arcy Osborne, le quotidien conservateur Il Giornale vole au secours du pape, en expliquant également que Pie XII n’était pas raciste,_mais qu’il n’avait fait, en la circonstance, qu’appliquer le sacro-saint principe de précaution.
Et de rappeler, qu’avant de devenir pape, Eugenio Pacelli fut nonce apostolique en Allemagne, où l’on prêta quantité de vols, de viols, et de meurtres aux « coloniaux » de l’armée française, durant l’occupation de la Rhénanie, après la Première Guerre mondiale. Pie XII voulait donc, en agissant ainsi, éviter que ces mêmes faits ne se reproduisent, à grande échelle, sur le sol italien.
Les arguments des défenseurs de Pie XII seraient recevables, tant ces crimes sont inacceptables, s’il n’y avait cette évidence. Les « soldats de couleur » n’ont pas été les seuls à perpétrer des atrocités – d’ailleurs largement exagérées à des fins de propagande – pendant la Seconde Guerre mondiale. Leurs frères d’armes blancs en ont fait de même. Alors, pourquoi, de la part surtout d’un pape, diaboliser les uns et absoudre les autres ?
Quand il était nonce apostolique en Allemagne, Eugenio Pacelli, le futur Pie XII, s’était déjà distingué, en s’associant à la campagne internationale de dénigrement, orchestrée par les nazis, contre les soldats noirs de l’armée française, stationnés dans leur pays, qu’ils accusaient de répandre la syphilis.
Une opération, là encore, de pure propagande, sans véritable fondement, mais qui exprimait, en réalité, la rage de l’opinion allemande de voir des « sous hommes » fréquenter des femmes aryennes, et des « bâtards » naître de ces unions « indignes et contre nature ».
La ligue féminine de Rhénanie dénoncera, pour sa part, l’ouverture, par l’état-major français, de maisons closes, où des filles sont outrageusement souillées par des « indigènes ». Un affront pour les femmes blanches, fussent-elles des prostituées, livrées ainsi à la bestialité des soldats noirs !
Eugenio Pacelli appuie leur protestation et l’adresse au Vatican dans le flot de rapports qu’il envoie régulièrement pour supplier Pie XI, le pape d’alors, d’agir au plus vite, afin de sensibiliser le monde à cette « honte noire », et d’obtenir des autorités parisiennes « le retrait des troupes françaises de couleur ».
C’est le même scénario qui se reproduit à la libération de Rome, en juin 1944. Les soldats noirs qui, malgré la requête de Pie XII, occupent la capitale italienne, font, eux aussi, l’objet de protestations de l’ancien cardinal devenu pontife. Non pas pour avoir prétendument violé de pauvres femmes italiennes ou allemandes sans défense, mais parce qu’ils fréquentent assidument un… bordel, situé au 186 via Babuino.
Pie XII, qui trouve la chose « offensante pour la morale », obtient la fermeture de l’établissement, mais ne trouve, en revanche, rien à redire sur les activités des autres maisons closes, assiégées par les soldats italiens, américains et européens.
Est-ce pour se racheter ? Quelques mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, Pie XII fustige le racisme… américain, allant même jusqu’à relever de ses fonctions un prêtre d’une paroisse d’Indianapolis, coupable d’avoir déclaré publiquement qu’« aucun Noir ne pourrait jamais atteindre la sainteté ». Trop tard !
Serge Bilé et Audifac Ignace
Ps : ci-dessous, le télégramme que l’ambassadeur de Grande Bretagne, près le aint-Siège, sir Francis Godolphin d’Arcy Osborne, a envoyé, à la demande du pape Pie XII, au commandement des forces alliées le 26 janvier 1944. Traduction : « Le pape espère qu’il n’y aura pas de soldats de couleur au sein des troupes alliées qui seront déployées à Rome après la libération ».

Haïti regorge de pétrole Le 09/10/2009

Haïti regorge de pétrole affirment Daniel et Ginette Mathurin, [English Translation], Radio Metropole, Jan 28, 2008

Les scientifiques Daniel et Ginette Mathurin indiquent que le sous sol haïtien est riche en hydrocarbures et en combustibles fossible qui ont été répertoriés par des spécialistes étrangers et haïtiens. " Nous avons relevé 20 sites pétrolifères", lance Daniel Mathurin précisant que 5 d’entre eux sont jugés de grande importance par les spécialistes et les politiques.

Le Plateau central, notamment la région de Thomonde, la plaine du cul-de-sac et la baie de Port-au-Prince regorgent d’hydrocarbures, dit-il ajoutant que les réserves pétrolifères d’Haïti sont plus importantes que ceux du Vénézuela. " Une piscine olympique comparée à un verre d’eau voilà la comparaison pour montrer l’importance des gisements de pétrole haïtien comparés à ceux du Vénézuela", explique t-il.

Le Vénézuéla est l’un des plus grands producteurs mondiaux de pétrole.

Daniel Mathurin révèle que des enquêtes de plusieurs gouvernements antérieurs ont permis de vérifier l’existence de ces importants gisements de pétrole. Il rapelle qu’un document du parti Fanmi Lavalas au pouvoir en 2004, avait précisé les nombreux sites d’hydrocarbures en Haiti.

Selon Daniel et Ginette Mathurin, la région des lacs, avec des villes comme Thomazeau et Cornillon, renferme d’importants gisements de pétrole.

Interrogée sur la non exploitation de ces sites, Ginette Mathurin a précisé que ces gisements sont déclarés réserves stratégiques des Etats Unis d’Amérique. Tout en faisant état de son imcompréhension d’une telle situation, elle rapelle que la caraïbe est considérée comme l’arriere cour des Etats Unis.

Cependant Daniel Et Ginette Mathurin indiquent que le gouvernement américain avait en 2005 autorisé l’exploitation des réserves stratégiques des Etats Unis. Cette porte doit être utilisée par les politiques haïtiens pour lancer des négiciations avec des compagnies américaines dans la perspective de l’exploitation de ces gisements ajoute Daniel Mathurin

Les spécialistes soutiennent que le gouvenement de Jean Claude Duvalier avait vérifié l’existence d’un important gisement de pétrole dans la baie de Port-au-Prince peu de temps avant sa chute.

De plus, Daniel et Ginette Mathurin révèlent que l’Uranium 238 et 235 et le zyconium existent en gisement dans plusieurs régions notamment à Jacmel. L’Uranium est utilisé dans les réacteurs nucléaires pour la production d’energie électrique.
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TEXTES AFRICAMAAT Le 07/10/2009

Premier enseignement de Thot/Djehuty :
la perception africaine du divin dans l’antiquité
Entretien sur la sagesse divine africaine de la période pharaonique entre le jeune kamit MENI et THOT/DJEHUTY. Pour comprendre l’originalité de la tradition philosophico-religieuse de l’Afrique pharaonique, nous avons souhaité nous adresser directement à celui qui en fut la source originelle, à savoir Thot ! Aussi, le jeune MENI sera celui qui interrogera le maître des savoirs, le grand Thot/Djehuty, afin que nous puissions percer enfin certains mystères.
MENI : Ô Thot, je m’adresse à toi au nom des miens car le temps de comprendre l’origine des choses et des savoirs est maintenant venu. Nous avons été mentalement broyés par des siècles d’obscurantisme et avons besoin de retrouver notre vraie voie, celle de la sagesse/vérité/justice, celle de nos ancêtres glorieux.
Thot/DJEHUTY : Ainsi c’est donc accompli ce que nous avions déjà pressenti durant l’époque glorieuse de Kemet (l’Egypte). Mais si tu permets, appelle-moi DJEHUTY car tel est mon nom. MENI : Ô DJEHUTY, on dit de toi que ton nom contient tous les Savoirs de l’univers. Quel est le sens de cette affirmation ?
DJEHUTY : J’ai reçu du démiurge lui-même, la connaissance des choses terrestres et divines. En ce sens je suis le Maître des Medw Neter (Paroles divines), le Premier Prophète de la Vérité, le grand Scribe des créatures divines invisibles et visibles, le premier grand Guide divin, la lumière divine personnifiée et la raison créatrice du monde au service des lois divines.
MENI : Comment cela se peut-il ?
DJEHUTY : Dis moi, pourrais-tu observer ton tout premier enfant naître à la vie, fils ou fille, sans prendre soin de le protéger, de le nourrir et de lui transmettre ton savoir et tes enseignements ? Es-tu capable, toi MENI, de laisser ton premier né, livré à lui-même, dans l’ignorance la plus complète ?
MENI : Je ne pense pas !
DJEHUTY : Pourquoi alors voudrais-tu que Dieu ait agit autrement ? Il a crée l’homme et la femme (le couple humain), identique à lui en secret, dans le cœur du monde, en Afrique noire... En laissant couler une larme de son œil, dès leurs premiers battements de cœur, leur créateur s’est penché sur eux, plein d’admiration et d’amour. Oui, il a aimé ses enfants dès leur premier souffle de vie.
MENI : Comment a-t-il donc agit pour leur révéler ses principes divins ?
DJEHUTY : J’ai reçu directement du démiurge, la mission de guider les premiers hommes sur les voies de la sagesse en leur révélant, entre autre, la technicité de l’écriture afin de graver éternellement les lois divines de Maât, à savoir la vérité/justice. Je suis donc le premier Prophète du Livre Sacré car je reste celui qui a apporté au genre humain, les « Medw Neter » à savoir, les « Paroles/Enseignements Sacrés ». Tel est le premier nom kamit qui a été donné à ce que tu appelles aujourd’hui, l’écriture.
MENI : Je commence à comprendre. Tu as donc été le Premier prophète de l’humanité. Tu es celui qui a énoncé les principes que certains ont repris aujourd’hui et réadapté selon leurs us et coutumes. A vrai dire, j’ai toujours trouvé surprenant que les prophètes soient apparus si tardivement, soit plus de 100 000 ans après la création du premier homme moderne, il y avait là quelque chose de louche ! Pourquoi nous a-t-on caché ton existence ?
DJEHUTY : J’ai été connu sous les noms de DJEHUTY, puis de Thot et enfin d’Hermès dans la tradition grecque. Ceux qui suivent vraiment les voies de la sagesse divine rendent toujours hommage à la source de cette sagesse. A travers le Père, je suis la source de la sagesse. Si tu ne me connaissais pas avant, c’est que ceux que tu suivais n’adhéraient que superficiellement à la sagesse divine.
MENI : Quelles distinctions dois-je faire entre toi et Osiris ? Vous avez tous deux eu une existence humaine, mais quelles furent vos missions respectives ?
DJEHUTY : Osiris, à savoir « Wsir », est le tout premier à avoir reçu la mission de guider l’humanité vers la connaissance divine. C’est le premier envoyé de Dieu sur terre qui est mort et ressuscité d’entre les morts pour finalement siéger à la droite de son créateur tout en assurant son rôle de juge dans la Place de la Vérité (salle du jugement dernier). Il est appelé « Woun Nefer » à savoir « l’Être Eternellement Bon » et « Kem Wour » pour « Grand Noir ».. Je fus originellement, son initiateur sur les voies de la connaissance divine car telle est ma mission, montrer les voies de la sagesse à toutes les créatures divines. Mais je reste à son service, car Osiris est « Celui qui veille sur le trône de Dieu » et il fut donc chargé de guider les humains africains vers le divin et en ce sens, mon rôle fut de l’aider à accomplir sa mission. MENI : Tu sais quoi DJEHUTY... j’ai près de 12 milliards de questions à te poser. Mais bon, tout d’abord j’aimerais que tu m’expliques en quoi la vision religieuse des anciens africains diffère de celle d’aujourd’hui ?
DJEHUTY : Pose tes questions, je suis là pour t’inviter à chercher les vraies voies de la sagesse. Certaines réponses sont déjà en toi, trouve les ! Ta vision religieuse actuelle découle de peuples dont le mode de vie descend en droite ligne du patriarcat et du nomadisme. Je parle ici des Sémites et des Indo-Européens que nous connaissions bien sur la terre de tes ancêtres. Ces peuples se caractérisaient dans l’antiquité par le mode de vie suivant : nomadisme (déplacements fréquents), attitude hostile (lutte contre le climat froid ou aride du désert, nombreuses guerres tribales, difficultés pour trouver de quoi se nourrir), patriarcat (le chef de famille reste l’homme, survalorisation des guerriers), infériorisation de la femme (qui reste sous l’autorité ferme de son père ou de son époux) et polythéisme (croyance en diverses divinités). Compte tenu de leur vision du monde, découlant en directe ligne de leurs habitudes de vie, leur vision religieuse actuelle ne pouvait que s’imprégner de leurs schémas culturels ancestraux. Ils ont donc trouvé un juste équilibre entre vie culturelle et vie religieuse dans le cadre de leur sphère civilisationnelle.
MENI : Et pour nos ancêtres ?
DJEHUTY : Les Kamits, tes ancêtres, voyaient le monde différemment car leur mode de vie était diamétralement opposé. Nous étions des sédentaires plutôt matriarcaux. C’est-à-dire que notre mode de vie était basé sur les points suivants : la vie sédentaire (la construction de villes, la culture des champs), attitude d’ouverture (en raison d’un climat africain favorable que nous ne percevions pas comme menaçant notre existence), matriarcat (la femme jouit des mêmes avantages que l’homme selon un principe de complémentarité et non pas de rivalité), monothéisme (Dieu ayant recours néanmoins à la biodiversité pour engendrer, développer et maintenir la vie). Il en découle que notre vision philosophico-religieuse resta imprégnée de nos habitudes de vie ancestrale. Tu as perdu cette vision car à une époque récente, tes ancêtres ont été attaqués, annexés militairement et éduqués dans une vision culturelle étrangère à l’Afrique. MENI : Tu peux rajouter, déportés par la force, mis en esclavage, colonisés et assimilés à d’autres cultures issues du nomadisme. En fait, DJEHUTY, je commence à comprendre le problème. Bon, révèle moi alors les points de divergence.
DJEHUTY : Prenons Dieu. Pour un chrétien adhérant à l’église romaine, Dieu est unique et en trois personnes (le père, le fils et le saint esprit).
MENI : En effet...
DJEHUTY : Pour tes ancêtres, Dieu est vivant dans la nature, sa création et concoure ainsi au développement et au maintient de la vie sur terre. Sans eau, sans air, sans terre nourricière, etc., point de vie ! Mais Dieu est aussi présent dans la Trinité, à savoir le père... la mère et.... l’enfant (Osiris, Isis, Horus). Le lien d’amour les unissant tous au divin est Maât, l’esprit divin de la vérité/justice. Impossible selon eux que la Trinité exclut la femme car s’est en prenant femme que l’homme accomplit le mystère divin de la création de la vie et rejoint son père créateur dans sa mission de guide, en quelque sorte, de sa progéniture. C’est cela que nous avions apprit au monde profane autrefois.
MENI : Et pourquoi a-t-on exclut la femme de la Trinité chez les chrétiens ?
DJEHUTY : Je t’ai présenté la vision culturelle ancestrale des anciens peuples nomades précédemment. Celle-ci aliénait socialement la femme donc religieusement, leur vision de la femme est restée la même. La croyance de ces derniers est que la femme à été crée à partir des côtes de l’homme, tandis que pour tes ancêtres, l’homme et la femme descendent tous deux, directement du divin. Il y a là une différence fondamentale qui repose sur une vision culturelle divergente de la société. Ainsi, chaque vision est le fruit d’un héritage historique, mais toi MENI, tu dois savoir que tu possèdes aussi ton propre héritage spirituel.v MENI : Parlons-en, si tu veux bien. L’unicité de Dieu chez les Kamit, qu’en est-il ?
DJEHUTY : C’est extraordinaire. Pour les anciens africains, tes ancêtres, Dieu est Unique et à l’origine de toutes les formes de vie. Nous verrons une fois prochaine, les textes pharaoniques. Dieu crée la vie et toutes les formes de vie ne sont qu’une fraction de lui-même, qui globalise l’ensemble de la création. Dieu donne et maintient la vie à travers l’eau, l’air, la terre fertile, etc... La biodiversité reflète donc la volonté divine d’engendrer la vie et l’homme, en usant de son intelligence à pour mission de préserver cette biodiversité et à travers elle, la vie elle-même. Car il ne peut mettre son intelligence, don divin, au service de la destruction/pollution des aspects fractionnaires de sa divinité primordiale. Mais sais-tu d’où vient Dieu ?
MENI : Dans les religions monothéistes actuelles, il n’existe pas de réponse à cette question. Par contre, les textes sacrés de Kemet (l’Egypte) parlent du Noun comme étant les eaux abyssales contenant à l’origine, toutes les potentialités de l’univers et le divin aurait pris conscience de lui-même en émergeant du Noun, puis aurait engendré la biodiversité puis l’humanité par le Verbe/Parole, « Hou ». Est-ce cela ?
DJEHUTY : Je suis agréablement surpris par le fruit de ta quête du savoir de tes pères. Cette émergence du Noun suivit de la création des êtres vivants, symbolise l’unicité multiple du divin. « Unicité » pour « Dieu unique », « multiple » pour « aux divers aspects » révélant les potentialités infinies d’Amon (Dieu). Mais laisse moi encore te révéler le Dieu de tes ancêtres, celui que nous avons révélé les premiers à l’humanité.
MENI : Je t’écoute DJEHUTY !
DJEHUTY : Dieu a conçu l’éternité, l’univers, le monde... le monde a conçu l’évaluation du temps. L’essence originelle de Dieu est le bien, le bonheur, la sagesse, la vie éternelle. L’essence de l’éternité est Dieu, l’essence du monde est l’ordre divin Maât, l’essence du temps est le changement, l’essence de la génération/regénération est la vie terrestre et cosmique. La puissance de Dieu agit dans l’intelligence du cœur (ib), dans le ba et le ka de chaque homme. Les forces vitales de l’éternité sont la stabilité et l’immortalité, celles du monde sont dans la composition, la décomposition et la recomposition. L’éternité est en Amon (Dieu), le monde dans l’éternité, le temps dans le monde, la génération dans le temps. L’éternité reste stable dans Dieu tandis que le monde doit mériter l’éternité. Le temps s’accompli dans le monde tandis que la génération/regénération se réalise dans le temps. La puissance de Dieu est l’éternité, le fruit de l’éternité est le monde, l’essence du monde est le renouvellement de la vie, l’essence de la vie est la mise en action de l’intelligence divine. Le corps abrite le cœur/sagesse (ib) et le cœur/sagesse abrite l’intelligence divine. Les forces de Dieu sont les énergies, les forces du monde sont les créatures vivantes, les forces des hommes sont la science et les arts. Le mal de l’homme est l’ignorance, le mal du cœur/sagesse est la pulsion destructrice non régulée, le mal du monde est l’asservissement de l’homme aux choses corporelles et terrestres. Dieu vit dans l’éternité, l’homme vit dans le monde et doit utiliser son cœur/sagesse et ses forces pour faire le bien, le bonheur, la sagesse qui sont l’essence de son créateur, pour vivre éternellement.
MENI : DJEHUTY, je crois que nous allons arrêter là pour ce premier entretien car je dois comprendre encore ce que tu essaies de me révèler aujourd’hui.



2ème Enseignement de DJEHUTY : Les premiers prophètes de l’humanité. __ENTRETIEN SUR L’HISTOIRE SPIRITUELLE DE L’AFRIQUE NOIRE ENTRE LE JEUNE KAMIT MENI ET DJEHUTY LE MAÎTRE DES PAROLES SACRÉES, PREMIER PROPHÈTE DE L’HUMANITÉ.
3 octobre 2007
par Jean-Philippe Omotunde___
Le jeune Kamit MENI nous lègue ici les fruits de son deuxième entretien avec Thot, de son vrai nom Djehuty, le père de tous les Prophètes. Il interroge le Grand Maître des Savoirs, Djehuty trois fois Grand est son nom, afin que nous puissions percer enfin certains mystères religieux
LE SAGE AMENHOTEP FILS DE HAPU
MENI : Ô DJEHUTY, je m’adresse à toi car tous ces derniers siècles d’obscurantisme engendrés par le système colonial ont troublé mon esprit. J’ai tant de questions à te poser. Mais tout d’abord celle-ci, que veux-tu dire par le fait que tu sois le premier des Prophètes ?
DJEHUTY 3 FOIS GRAND
Thot/DJEHUTY : MENI mon fils, je fus chargé par Amon-Râ Notre Père, le Grand Créateur Divin, d’annoncer aux premières divinités puis aux premiers hommes, les voies de la sagesse divine. Je suis donc le père de tous les prophètes car je leur ai, le premier, montré la voie de la vie éternelle.
MENI : Ô DJEHUTY, tu parles des premiers humains crées par notre Père Amon-Râ en Afrique, c’est bien cela.
DJEHUTY : Oui, je suis l’initiateur originel, initial et primordial. Je suis le guide vers les voies de la vérité, du savoir, de la justice et de la résurrection, à savoir « MAAT ». Mes premiers disciples furent Osiris, Isis et leur fils Horus, envoyés par Dieu pour instruire les hommes et en faire des « REMETOU », des « Etres d’Excellence ».. Je suis le Maître des Paroles divines, « MEDOU NETER », le prophète de la Vérité et le Grand Scribe divin. Ma Parole est Vérité donc je suis Celui qui se fait être Vérité par la Parole Divine « Hou ». Enfin, je suis l’auteur des Premiers Livres contenant les Premières Paroles Divines de notre Père Créateur. Elles furent suivies par tes ancêtres lumineux, en des temps lointains, en Afrique noire au pays de TA NETER, la Terre Sainte, lieux de la naissance des fils de Dieu.
MENI : Tu parles des ANOUS, mes Ancêtres lumineux qui fondèrent TAMERY, le pays Bien-Aimé : KEMET.
DJEHUTY : Oui, laisse moi te conter leur grande spiritualité. Dès qu’Amon-Râ notre Créateur trois fois Grand eu mit dans le cœur du roi Narmer, le dessein de finaliser le SEMATAWY, l’Union des Terres du Roseau et de l’Abeille, il m’a demandé d’inspirer le cœur de certains de ses fils afin qu’ils deviennent des Justes, des Saints, des Prophètes et qu’ils établissent les règles morales de leur nouvelle civilisation à partir des us et coutumes de leurs pères et mères restés dans le sud. Mais le terme exact de ces hommes pieux par excellence est Khery Séshéta « Grand Maître des Secrets Divins ». Par « Seshéta », tu dois comprendre ce qui est « caché, mystérieux, secret ».. Le Kamit destiné à être un Prophète, sois un guide pour son peuple, se devait d’avoir un comportement modèle, un savoir vivre exemplaire et devait encore avoir exercé toutes les fonctions hiérarchiques de la prêtrise.
MENI : Tu veux dire par là, Oh Djehuty trois fois Grand, que nous avons eu les premiers prophètes de l’histoire de l’humanité ?
DJEHUTY ASSIS SUR LE TRONE DE DIEU
[1]
DJEHUTY : Il fallait des guides pour les premiers fils de notre Créateur et ce sont ceux là qui révélèrent au monde les premiers secrets.
MENI : Qui sont-ils, oh DJEHUTY, je désire les connaître enfin.
DJEHUTY : Laisse moi d’abord de révéler leur mission. Elle tenait en trois axes :
Annoncer l’unicité de notre Saint Créateur Bien-Aimé Amon-Râ,.
Enoncer les principes divins chers à ses yeux, pour accéder à la vie éternelle,
Enoncer des règles de vie en société
Voilà par exemple, un texte fondateur de la pensée spirituelle Kamite. Ecoute ce que te dis ton Dieu créateur sur la façon dont il vint à exister pour créer le ciel, la terre et tout le reste [2] :
« Je fis tout ce que je fis, ».
Etant seul,
Avant que personne d’autre que moi ne se fut manifesté à
l’existence,
Pour agir en ma compagnie en ces lieux,
Je fis tous les modes d’existence à partir de cette
puissance qui est en moi
Et il ajoute :
« J’y créai dans le Noun »
étant somnolent et n’ayant encore trouvé aucun lieu où me dresser.
Puis mon coeur se montra efficace,
Le plan de la création se présenta devant moi,
Et je fis tout ce que je voulais étant seul.
Je conçu des projets dans mon cœur
Et j’y créai un autre mode d’existence
Et les modes d’existence dérivés de moi furent multitude...
Ainsi parla le Seigneur de l’Univers.

MENI : Je constate qu’il s’agit dès son origine d’une religion monothéiste car Dieu affirme à la fois être seul et aussi il annonce qu’il est le créateur de toutes les formes de vie. On nous avait caché cela. Mais qu’est ce que le Noun, oh Divin DJEHUTY ?
DJEHUTY ECRIT EN HIEROGLYPHES
DJEHUTY : Le Noun est une notion spirituelle abstraite. Il représente les eaux primordiales qui contenaient à l’origine, toutes les potentialités et création de l’univers, à commencer par Dieu lui-même. Et c’est en prenant conscience de son existence qu’Amon-Râ surgit du Noun pour engendrer l’univers.
« âsha kheperou nou Khepri » veut dire que « les modes d’existence dérivés de l’Existant, c’est-à-dire Dieu, devinrent multitudes ». « Merouty : irry.i mrwty nbt m t3 pn », signifie que Dieu a crée les autres modes d’existence par amour (iri.n.i irry nbt) et de sa propre volonté (wci.kwi) étant seul. Il est donc amour et vérité. MENI, voilà encore un autre texte qui te révèle d’autres secrets :
"Dieu apparut sur son trône quand son cœur le voulut..." ;
et il était seul.
Il commença à parler au milieu du silence...
Il commença à crier,
La terre était dans une stupeur silencieuse.
Ses rugissements ont circulé partout sans qu’il eût un second Dieu (avec lui) ;
Faisant naître les êtres a qui il a donné la vie
Pour compléter ta formation MENI, tu dois encore savoir qu’un autre texte dit :
"Sa parole est une substance... Ce qui sort de l’ouverture de sa bouche se réalise.... Ce qu’il a dit en son cœur est venu à l’existence".
Vois-tu MENI, c’est de là que vient l’idée chrétienne de la création par le Verbe : "Que la lumière soit". Mais dans la sphère chrétienne, l’analyse reste très superficielle car est omis le fait que, Dieu en donnant vie aux créatures à fait appel à « Sia », l’intelligence/Connaissance/Pensée et à « Hou », le Verbe/Parole/Commandement. Sia et Hou représentent la mise en action vitalisante des pouvoirs ontologiques d’Amon-Râ, selon un plan qu’il a mûrement réfléchit et scientifiquement établit. "(Oh Dieu), Hou est dans ta bouche, Sia dans ton cœur et le mouvement de ta langue est le cri de la Maat", disent nos textes sacrés [3].
MENI : Quel est le rôle du cœur pour le grand Créateur, oh Djehuty qui vit en Paix ?
"IBIS", ANIMAL TOTEMIQUE DE DJEHUTY
SYMBOLE DE LA PRECISION
DJEHUTY : Le cœur/conscience « IB » de notre créateur, a conçu l’idée de la création selon l’ordre divin Maat et sa langue a repris ses idées et les a exprimé verbalement engendrant ainsi la création. Acte que seul Dieu, appelé Amon-Râ (pour le Dieu Lumineux Invisible de Forme), Atoum (pour le Grand Créateur), Knoum (pour le Grand Modeleur), Aton (pour la Divine Lumière Solaire) est capable d’accomplir. Son "cœur-pensant" (parole intérieure) a donc une primauté sur "sa langue" (parole extérieure) qui a pour mission d’exécuter à la lettre ce que son cœur a pensé.
MENI : Merci, oh DJEHUTY pour tout ce précieux savoir que tu me révèles aujourd’hui. Mais j’aimerai aussi connaître nos prophètes et savoir s’ils ont bien inspiré les rédacteurs des autres Livres ?
DJEHUTY : Je peux te parler de l’un des tous premiers Prophètes Kamit, à savoir le grand prophète kamit Ptahhotep (2563 - 2423 avant l’ère chrétienne) qui a rédigé des "Enseignements" [4]. Son introduction de plusieurs lignes précède 37 maximes de sagesse divine abordant divers sujets de la vie sociale et familiale (comment se comporter à la maison, dans sa famille, avec ses collègues de travail et à l’égard de ses invités).
Ptahhotep a d’ailleurs utilisé sous divers angles, le mot "sdm" (sedjem) qui, selon les cas signifie « écouter », « obéir » ou « entendre ». Pour sa sagesse, il fut reconnu comme un "Im3kw" (Juste de voix, un Saint, un Immortel) par tous les siens.
LE PROPHETE KAMIT PTAHHOTEP
Ses « Enseignements » MENI, ont effectivement inspiré les rédacteurs de la Bible. Par exemple lorsque Ptahhotep écrit :
« Si tu un homme qui fait partie de ceux qui sont assis à la table d’un plus noble que toi tu dois regarder ce qui est devant toi ».
La Bible a copié exactement la même idée [5] : « Si tu es à table avec un grand, Fais attention à ce qui est devant toi ».
Ou encore lorsqu’il dit en s’adressant à son fils « Il est utile d’écouter pour un fils qui entend » est devenu dans la Bible « Un fils sage écoute l’instruction de son père » [6].
Un autre texte tiré des enseignements d’un autre Prophète Kamit, le sage Mérikaré (2070 - 2050 avant l’ère chrétienne) mentionne par exemple ceci : "
« Agis pour Dieu (...)".
fais toutes ces choses pour lui, afin qu’en retour il en
pourvoie les hommes.
Car Dieu a fait le ciel et la terre à leur intention,
il a calmé pour eux l’avidité des eaux,
il a fait l’air pour donner le souffle à leurs narines,
il les a crées à sa propre image

CARTOUCHE ROYAL DE MERIKARE
Tu remarques bien ici la source de toute spiritualité. Mais vois encore ceci, le « Traité de Sagesse » du grand Prophète Kamit Aménémopé (vers 1280 avant l’ère chrétienne), qui est une liste d’instructions pour élever son esprit dit :
"Si tu es un homme sage, forme un fils qui soit agréable à Dieu".
Et lorsque Aménémopé dit : « Donne tes oreilles, écoute ce qui est dit. Donne ton cœur pour l’interpréter. Il est utile de les mettre en ton cœur ». La Bible copie encore ce principe : « Prête l’oreille et écoute les paroles des sages. Applique ton cœur à ma science ».
Regarde encore MENI, Aménémopé dit :« Mieux vaut la pauvreté de la main de Dieu que les richesses dans un grenier ». Et la Bible reprend : « La réputation st préférable à de grandes richesses. Et la grâce (divine) vaut mieux que l’argent et l’or ».
LE PROPHETE KAMIT AMENEMOPE
"DIEU EST EN PAIX"
Et pour compléter ton savoir, je te citerai le « Traité de savoir vivre » du grand Prophète Kamit Kagemni (vers 2500 avant l’ère chrétienne), « l’Enseignement pour Mérikaré » qui est une suite de conseils du pharaon Khety à son fils Mérikaré pour bien gouverner (vers 2120 avant l’ère chrétienne), les « Avertissements » d’Iouper (2160 - 1785 avant l’ère chrétienne), face au déclin de l’Egypte, l’Enseignement du Prophète Amenemhat à son fils Sésostris 1er (vers 2000 avant l’ère chrétienne), les « Maximes » d’Any (vers 1298 avant l’ère chrétienne) adressé à son fils Khonsouhotep et enfin, le "Livre de Sagesse" de Pétosiris (vers 341 avant l’ère chrétienne.) pour élever son esprit.
Si tu rajoutes les Textes des Pyramides, les Textes des Sarcophages, le Livre de la Douat, le Livre de la Vache du ciel et bien d’autres, écrits vers la même période (2780 pour les Textes des Pyramides), tu as découvert ici la source d’inspiration des textes religieux qui font la renommée des religions monothéistes actuelles.
MENI : Merci pour tout ce grand savoir, oh DJEHOUTY trois fois Grand, Gardien des Mystères Divins. Si tu permets, je choisis de retourner vers la tradition spirituelle de mes pères car mieux vaut l’original à la copie. Je m’intéresserai tout d’abord aux Prophètes Ptahhotep et Kagemni.
DJEHUTY : La vérité est source de libération MENI.
Jean-Philippe Omotunde_
Entretien sur l’histoire spirituelle de l’Afrique noire entre le jeune kamit MENI et Djehuty le Maître des Paroles Sacrées, Premier Prophète de l’humanité.




Le Culte Kamit face à la tradition musulmane
Amadou Hampaté Bâ, grand sage africain, expose les fondements de la croyance musulmane. Ce faisant, il exclut l’Afrique noire du champ des religions révélées monothéistes et passe sous silence l’extraordinaire héritage divin du continent. Il revient donc aux afrocentristes que nous sommes, de replacer les choses à leur vraie place, avec justesse et sagesse.
Amadou Hampaté Bâ (1901-1991), grand dépositaire de la mémoire et de la culture africaine est né en 1901 au Mali et plus exactement à Bandiagara. De confession musulmane et disciple du sage Tierno Bokar, il a consacré sa vie à raviver les traditions orales Peul et Bambara. Son savoir, sa simplicité et sa sagesse sont pour beaucoup une véritable source d’inspiration.
Son ouvrage « Aspects de la civilisation africaine » [1] a retenu notre attention puisqu’il y valorise les cultures Bambara et Peuls et explique leurs fondements. Cependant, avec le respect que nous devons à un ainé honorable, nous souhaitons porter une critique constructive à certains propos tenus, afin de bien recadrer l’histoire universelle du fait religieux et de dégager l’originalité même de la spiritualité africaine par rapport à la vision de la spiritualité musulmane.

Amadou Hampaté Bâ
1- Exploration du point de vue de l’auteur
Dans « Aspects de la civilisation africaine », A. Hampaté Bâ répond à des questions qui lui sont posés sur la culture africaine. Mais la réponse qu’il va apporter à l’une de ces questions mérite un recadrage, à la lueur de la documentation historiographique africaine.
Question posée à A. H. Bâ (Page 49) : Pourquoi tous les prophètes viennent-ils de l’Arabie ? Pourquoi n’y a-t-il pas de prophètes noirs ?
Réponse de l’auteur : « Cette très importante question mérite une explication préliminaire. Il s’agit de comprendre le sens du mot « Prophètes » tel qu’il est entendu dans les religions révélées et notamment l’Islam.
Il y a selon l’enseignement islamique résultant du Coran et des paroles du prophète Mohammad, trois catégories d’hommes de Dieu :
a) Au sommet, les « Rassouls », littéralement les « Messagers de Dieu » ou « Grand Envoyés ». Le « Rassoul » est choisi par Dieu, par un acte de Sa Grâce, pour être l’instrument d’une Révélation majeure de la part de Dieu, destinée soit un à très grand peuple, soit à l’humanité toute entière. Dieu révèle à son Envoyé sa Parole qui devient un Livre Sacré pour les hommes, contenant les commandements de Dieu, une sainte Loi pour le comportement extérieur et intérieur et le moyen de revenir au Seigneur. (…)
La tradition islamique compte 6 grands Envoyés : Adam qui descendit sur terre « avec les Paroles de Son Seigneur », Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Mahomet (Mohammad en Arabe). On les appelle parfois « Envoyés législateurs » parce que chacun d’eux reçut la Loi nouvelle, adaptées aux nécessités du temps. On les appelle aussi « Prophète » .
b) Ensuite il y a les « Nabbis », littéralement les « Prophètes ». Il s’agit d’hommes saints ayant également reçu une révélation divine dont ils se font les humbles serviteurs mais à la différence des « Rassouls », leur message n’est destiné en général qu’à un petit groupe d’hommes et parfois, ils doivent le tenir presque secret (…) Le Nabbi, quelle que soit la révélation qu’il est chargé de transmettre, demeure placé sous la Loi du grand Rassoul qui l’a précédé. Il n’apporte jamais une nouvelle Loi pour l’humanité. Tel est le cas des prophètes de la Bible qui exhortaient le peuple juif à revenir à la pure Loi de Moïse. La tradition islamique dit qu’il y eut 124 000 Nabbis.
c) Puis viennent les « Waly », que l’on appelle couramment les « Saints de Dieu ». En réalité, le mot Waly signifie « Celui qui est proche » de Dieu, en union avec Lui et vivant dans son Amour. On en connaît pas le nombre, ils sont de tous les temps et de toutes les races. Un Nabbi est toujours un Waly, c’est-à-dire un Saint de Dieu, recevant une mission particulière. De même, le Rassoul est toujours également un Waly, un Saint de Dieu, revêtu de la qualité de Nabbi (…).
La notion de « Révélation », de « Prophétie » est à la base des 3 religions dites monothéistes, (judaïsme, christianisme et islam) issues d’Abraham, père du monothéisme.
Il se trouve que les 6 Rassouls ou Grands Envoyés de Dieu, appartiennent à un rameau spécifique de l’humanité : le rameau sémitique. On peut même dire qu’ils sont sortis les uns des autres. La Révélation eut donc son berceau au Proche-Orient, en Palestine et dans la péninsule Arabique (…) A cet égard, l’Afrique noire a été et est encore une terre particulièrement riche en Waly ».
Donc en suivant Amadou H. Bâ, on constate que l’Afrique noire n’a eu ni Grand Envoyé Divin, ni Prophète sur les 124 000 envoyés, ni Texte Sacré et n’a finalement reçu que des Saints de Dieu (Waly). ?????
Une telle affirmation, il faut être sérieux, repose sur des élucubrations grotesques, sans fondements scientifiques, sans analyse philosophique des traditions africaines et affecte à Dieu l’idée d’une sélection entre ses fils mais basée sur quoi ? La couleur de peau ?
Après avoir choisi l’Afrique noire pour donner naissance à son Premier fils, il ne lui aurait jamais accordé la moindre attention ? Impossible !
2- Examen afrocentriste de la réponse d’Amadou H. Bâ
Dans son ouvrage, Amadou H. Bâ, bien qu’il connaisse la tradition africaine, confine l’espace sacré universel aux 3 seules religions monothéistes dites révélées, qu’il rattache toutes les trois au berceau sémitique. De confession musulmane, il va donc naturellement privilégier sa vision religieuse. Ce faisant, sa réponse dénote une méconnaissance totale de l’histoire ancienne africaine (notion d’Humanités Classiques Africaines).
Peu importe les intentions qui les animent où les milieux qui les envois, il convient de constater que nombreux sont ceux qui cherchent à convaincre les Africains que leur continent n’aurait jamais eu à travers l’histoire, ni Envoyé Divin, ni Terre Sainte, ni peuple de croyants, ni Prophète, ni Texte Sacrée, ni Temple, ni prêtre, ni Anges divins négro-africains et ni même de prière divine pour s’adresser au Créateur Céleste avant l’arrivée des envahisseurs étrangers (indo-européens, Juifs, Arabes, Asiatiques…).
Bien que cette idée ridicule soit totalement fantasmagorique (l’Afrique rappelons-le est le berceau de l’humanité), beaucoup de Kamits y croient en raison de leur ignorance chronique et de leur aliénation culturelle surdéveloppée. D’où la facilité avec laquelle ils se projettent dans les visions religieuses extra-africaines.
La philosophie afrocentriste invite tous les Africains y compris ceux de la Diaspora au respect de leurs ancetres (culture, tradition, vision spirituelle antique) car elle refuse toute idée reposant sur l’adoption et l’imitation de traditions extra-africaines [. Ainsi, tout en reconnaissant l’existence de divers courants religieux (bouddhisme, judaïsme, christianisme, islam…), elle affirme que toutes les écritures et toutes les langues sont divines à partir du moment où le bien, la vérité et la justice sont au centre de leurs préoccupations. Par conséquent, l’afrocentricité proclame ceci :
Les religions dites révélées actuelles ont toutes pour origine l’Afrique ancienne où elles ont puisé leurs idées,
Toutes les traditions religieuses reposant sur la sagesse, l’ordre et le bien, doivent pouvoir cohabiter et se témoigner d’un profond respect mutuel.
A ce titre, si nous ne cherchons pas à convaincre ou à convertir quiconque qui ne serait pas d’ascendance kamit, il convient de faire régner une certaine réciprocité.
Enfin, les Kamits doivent assumer leurs responsabilités, faire preuve d’une grande lucidité et comprendre que la thèse voulant que l’Afrique noire ait point eu de Grand Envoyé et de Prophètes est fondamentalement fausse.
Les propos d’Amadou H. Bâ, relatifs aux religions monothéistes actuelles, doivent faire l’objet d’un éclairage historique, ceci afin de témoigner de la vérité et replacer l’Afrique noire dans le cours de l’histoire universelle.
1.2- Origine des concepts de « Monothéisme » et de « circoncision »
a) La thèse d’une origine sémitique
Amadou H. Bâ fait remonter à Abraham, L’aparition du monotheisme dans l’histoire de l’humanité Dans la tradition juive, on attribue aussi à ce patriarche des peuples sémites, l’apparition de la circoncision.
Abraham est considéré dans les religions issues du monothéisme comme le patriarche des peuples sémitiques. Originaire de Ur en Chaldée (Mésopotamie), son épopée est contée essentiellement dans le Coran, la Torah et la Bible (Genèse, 11 à 15). Selon les spécialistes, il aurait vécu vers 1 800 avant l’ère chrétienne.
b) L’antériorité africaine

Amon-Râ ou Dieu vu par les Kamits
La tradition spirituelle africaine a proclamé plus de 5 000 ans avant le premier écrit sacré sémite, l’Unicité de Dieu. Vers - 3 000, cette affirmation qui a été écrite sur des feuilles de papyrus a fait l’originalité des « Textes Sacrés » de l’Afrique ancienne dit « Textes de pyramides ». Nos ancêtres ont donc proclamé les Premiers, l’existence d’une puissance Divine Unique inaccessible à l’esprit humain. "Dieu Grand, dont le nom est inconnu…". Ci-joint quelques salutations divines faites à notre Créateur Céleste, issues des « Textes Sacrés africains » :
* Textes des pyramides (formule 456) : "Hommage à toi, l’Unique"
* Textes des Sarcophages : "Atum, son nom est l’Unique"(…) "Dieu, Unique"
* Le Livre des Morts, chap.15 : "Toi, le seigneur ! Toi, l’Unique"
* Hymne à Aton : "Ô toi , le Dieu Unique, à part lequel il n’y en a pas d’autres !".
Cette mise au point atomise la thèse d’un polythéisme africain qui aurait été l’apanage du continent noir. Tous les noms utilisés dans les Textes, à savoir Atum, Amon, Râ, Ptah, ne désignent en réalité qu’un seul et même Dieu :
* Atum : vient de Tem qui signifie « Celui qui contient la totalité de l’univers »
* Amon : vient d’Imen qui signifie « Le Dieu invisible de forme »
* Râ : vient de Rê qui signifie « Le Dieu qui illumine l’humanité et qui se cache dans le soleil » (d’où l’origine de l’auréole de sainteté chrétienne)
* Ptah : vient verbe Pteh (créer) qui signifie « le Créateur ».
Quant à la circoncision, Hérodote, le père de l’histoire occidentale, à révélé à l’humanité l’origine africaine de cette pratique en ces termes [] :
"Les Colchidiens, les Égyptiens et les Éthiopiens sont les seuls peuples qui aient de tout temps pratiqué la circoncision. Les Phéniciens et les Syriens de Palestine reconnaissent qu’ils tiennent cet usage des Égyptiens ; les Syriens établis dans les vallées du Thermodon et du Parthénios, ainsi que les Macrons leurs voisins, déclarent l’avoir depuis peu emprunté aux Colchidiens.
Voilà les seuls peuples qui aient cet usage, et l’on constate qu’ils observent sur ce point les mêmes règles que les Égyptiens. Des Égyptiens et des Éthiopiens, je ne saurais dire quel est le peuple qui a pris cette coutume à l’autre, car elle est, de toute évidence, des plus anciennes".

Ainsi, une gravure réalisée à Kemet dans la tombe de l’architecte royal Ankhmahor nous apprend qu’il a été circoncis dès son plus jeune âge (ce qui ne fut pas le cas d’Abraham vers – 1800). Cet événement à eu lieu 2 300 ans avant l’ère chrétienne et il existe en Afrique des témoignages encore plus ancien de cette pratique authentiquement africaine [.
2.2- La notion de Textes Sacrés
La Torah, La Bible et le Coran, sont les Textes Sacrés (ou Ecritures Saintes) des trois religions monothéistes actuelles. Ces ouvrages sont assez récents, tout comme les initiateurs sémites qui ont œuvré pour leur rédaction.
Pour l’Afrique ancienne, le mot hiéroglyphe vient du mot grec __________ / hieroglúphos, qui se compose de _____ / hierós (« sacré ») et de _______ / glúphein (« graver »), d’où les « Gravures sacrées » selon les grecs. Durant la période gréco-romaine, ce mot désigna « celui qui trace les hiéroglyphes » et non les hiéroglyphes eux-mêmes, qui se disaient __ ___________ (________) / tà hieroglyphiká (grámmata), c’est-à-dire « les (caractères) sacrés gravés » sur les monuments (stèles, temples et tombeaux). Ultérieurement, par un glissement de sens, le mot hiéroglyphes finit par désigner les caractères hiéroglyphiques eux-mêmes. [
Cependant, les Africains anciens utilisaient le mot « Medou Neter », à savoir les « Saintes Ecritures », les « Paroles Divines » pour désigner leur écriture et par extension, leurs Textes Sacrés. L’existence d’une Sainte Ecriture sous-tend déjà l’existence en Afrique, d’un Envoyé Divin.
3- Les piliers de la Foi
a) Dans la tradition musulmane
Les sémites étant issus d’une tradition culturelle essentiellement nomade et patriarcale ont édicté les points suivants comme Piliers de la Foi Musulmane :
1.a) Croire en Allah : le Créateur de toute chose, nul ne mérite d’être adoré sauf lui. Il a des noms et des attributs propres. Il est celui qui voit tout et qui entend tout.
2.a) Croire en ses Anges : créatures de lumière sous les ordres d’Allah.
3.a) Croire aux Livres Sacrés : la Torah, l’Evangile, les Psaumes, le Coran (qui regroupe tous ces livres et les abroge)
4.a) Croire aux Messagers d’Allah : Adam qui fut son premier prophète, Noé qui fut son messager, Mohammed est le dernier prophète et dernier messager.
5.a) Croire au Dernier jour : le jour de la Résurrection.
6.a) Croire au Destin : peu importe les événements.
Les Devoirs des Croyants :
Cela revient à se poser la question de Pourquoi Allah a-t-il crée les humains ? Pour l’adorer sans rien lui associer : « Je n’ai créé les Djinns et les Humains que pour qu’ils m’adorent ». Cela induit que le croyant doit faire ses prières, adorer Allah, obéir à son message, faire le bien pour mériter le Paradis « L’excellence est d’adorer Allah comme si tu Le voyais, bien que tu ne puisses pas Le voir, Lui te voit certainement » (rapporté par Muslim). Cela dans le cadre d’une vision exclusivement monothéiste.
b) Dans la tradition africaine antique
Les recherches archéologiques ont révélé que les premiers humains au comportement moderne sont apparus vers 200 000 avant l’ère chrétienne en Afrique noire. Les traces de comportement sont attestées par des fouilles aux alentours de 170 000 avant l’ère chrétienne (Pinacle Point, Afrique du Sud). Né dans la région des Grands Lacs Sacrés Africains, l’homme moderne a donc effectué une remontée sud/nord, guidé comme en témoigne les anciens, par une étoile divine pour humaniser la Vallée du Nil.
L’histoire africaine dévoile donc que c’est en Afrique noire, qu’on le veuille ou pas, que l’on retrouve les fondeme,nt du monotheisme, a une époque où les peuples de l’humanité, soit étaient inexistant [ où étaient plongés dans les ténèbres du savoir (stade préhistorique).
Dès 9000 avant l’ère chrétienne, on voit apparaitre en Afrique les premières cités et les premiers Temples dédiés à Dieu ou à Osiris (région de Nabta en Nubie).
En 3 000 avant l’ère chrétienne l’avènement des Medou Neter (Saintes Ecritures) révèlent à la seule humanité civilisée de l’époque, issue du matriarcat et déjà sédentarisée, les fondements de sa foi :
1.b) Louer et Rendre grâce à Amon-Râ :createur de l’univers de la biodiversité et de tout les etres vivants. Dans les Textes Sacrés Africains, il proclame qu’il est l’Unique Dieu (Hymne d’Aton), qu’il est l’Eternel (ink Nhh, Je suis l’Eternel [… « L’Origine de toute chose et le Créateur de toute chose est l’Unique Ptah », disaient nos ancêtres.pere des hommes, se manifeste à eux à travers la lumière du soleil.
2.b) Croire et Suivre les enseignements d’Osiris : dit Ousiré, « Celui qui veille sur le trône de Dieu », premier envoyer divin de l’histoire humaine, Fils de Dieu (Sa Râ),l’initiateur de la resurrection, inventeur de l’agriculture (Il est celui qui détient les secrets de la germination du sol terrestre), initiateurde l’eucharistie, initiateur du notre pere, révélateur de l’Esprit Saint (Maât), guide de l’humanité sur les voies de la Vie Eternelle (Ankh), Unique juge dans la Place de la Vérité (salle du jugement des morts) il est appelé Kem Wour (le Grand Kamit) dans les Textes Africains.

Osiris et Maât représentés dans les Textes Sacrés Kamits devant deux défunts
"Dieu est en paix en Osiris et Osiris est en paix en Dieu", dit un texte.
3.b) Célébrer et honorer les Nétérous : Djehuty, Isis, Horus, Anubis… sont des Créatures divines célestes dont la mission d’inspirer aux hommes les qualités humaines qui sont conformes à la volonté divine et au maintien de la Maât (Vérité/Harmonie/Justice qui se compose de 42 vertus cardinals appelés plus tard « Commandements divins »). [
Djehuty dit Thot
Cependant, parmi ces Nétérous, il convient de célébrer en particulier Djehuty dit Thot inventeur des Saintes Ecritures et Précepteur Divin d’Osiris), Isis (Aset), la femme d’Osiris qui a activement collaboré à l’œuvre divine de son mari et enfin Horus qui a légué aux Hommes, les concepts de l’organisation royale. Isis, Osiris et leur fils Horus, sont les initiateurs de la Trinité divine, inspiratrice de l’humanité et défenseuse de l’ordre divin Maât.
4.c) Anoncer et croire aux Saintes Ecritures : les Medou Neter apparu vers 3 400 avant l’ère chrétienne et qui se déclinent en plusieurs Textes (Textes des Pyramides, des Sarcophages…). Il revient aux Africains désaliénés de les compiler et de les rendre plus accessible aux peuples Africains du IIIème millénaire.
4.b) Croire aux Prophètes Kamits : ces Prophètes Africains, inspiré par le Créateur ont dés les prémices de la civilisation africaines, guidés les premiers Croyants de l’humanité. Cependant il convient de distinguer 3 types de prophètes :
1- Le Grand Gardien des Secrets Divins (Kery Sesheta) : Ils sont au nombre de deux :
* Pharaon qui agit en tant que Sa Râ, Fils de Dieu sur terre, dont la mission est de mettre tous les jours Maât (l’ordre, la vérité, la justice, l’harmonie) à la place d’Isefet (désordre, mensonge, injustice…) dans tous les domaines.
* Le Grand Prêtre d’Amon de Karnak : qui est au Grand Temple de Karnak (dédié à Dieu) (construit à la fin du IIIème millénaire avant l’ère chrétienne), le garant du Culte divin, le responsable de l’organisation des temples et le lien spirituel entre le Ciel et la Terre.
2- Les Supérieurs des Prophètes : dont la mission est d’être dans le temple, au service de Dieu et des Prophètes. Niankhpepi fut par exemple sous la VIème dynastie Prêtre lecteur et Supérieur de Prophètes. [
3- Les Prophètes : qui peuvent assumer de hautes responsabilités civiles tout en inspirant les hommes avec leurs Textes de Sagesse. Leurs écrits ont largement été réutilisés par les rédacteurs de la Torah et de la Bible et donc du Coran. Ceci est facilement démontrable : Exemple… Le Prophète Kamit Aménemopé a écrit : « Donne tes oreilles, écoute ce qui est dit. Donne ton cœur pour l’interpréter. Il est utile de les mettre en ton cœur ». La Bible l’a repris [: « Prête l’oreille et écoute les paroles des sages. Applique ton cœur à ma science ».
Parmi ces Prophètes Kamits, nous pouvons citer :
* Les Enseignements de Ptahhotep (vers 2600 avant l’ère occidentale)
* Le Traité de savoir vivre de Kagemni (vers 2500 avant l’ère oc.)
* L’Enseignement pour Mérikaré : conseil du pharaon Khety à son fils Mérikaré pour bien gouverner (vers 2120 avant l’ère oc.).
* L’Avertissement d’Iouper (2160 - 1785 avant l’ère oc.), l’auteur met en garde contre le déclin de l’Afrique.
* L’Enseignement d’Amenemhat à son fils Sésostris 1er (vers 2000 avant l’ère oc.)
* Le Traité de sagesse d’Aménémopé (vers 1280 avant l’ère oc.), suite de conseils pour élever son esprit vers Maât.
* Les Maximes d’Any (vers 1298 avant l’ère oc.) adressé à son fils Khonsouhotep.
* Le Livre de Sagesse de Pétosiris (vers 341 avant l’ère oc.) pour élever son esprit.

Représentation du Prophète Kamit Ptahhotep
A cela, il convient d’ajouter :
* L’hymne d’akhenaton (qui est la source du Psaume 104)
* Le Document Théologique de Memphis ravivé par les Sa Râ originaires de Nubie.
Exemple de Textes de Sagesse du Prophète Aménémopé (Amen Hotep, Dieu est en paix) :
"Si tu es un homme sage,
Forme un fils qui soit agréable à Dieu".
Ou encore :
"Si tu es grand après avoir été petit,
Si tu es riche après avoir été pauvre…
Sache rester simple,
Parvenu au premier rang,
N’endure pas ton cœur à cause de ton élévation,
Tu n’es devenu que l’intendant des biens de Dieu".
Un autre texte tiré des enseignements du Prophète Kamit Mérikaré (vers - 2070) dit ceci :
« Agis pour Dieu (...)
fais toutes ces choses pour lui, afin qu’en retour il en pourvoie les hommes.
Car Dieu a fait le ciel et la terre à leur intention,
il a calmé pour eux l’avidité des eaux,
il a fait l’air pour donner le souffle à leurs narines,
il les a crées à sa propre image".
es Devoirs des Croyants Kamits :
Bien qu’ils adorent Dieu, la mission divine que leur a confiée leur Créateur Amon-Râ par l’intermédiaire de son Grand Envoyé Divin Osiris est la suivante : mettre tous les jours Maât à la place d’Isefet.
Cela sous-entend qu’ils doivent tous les jours mettre l’Ordre à la place du Désordre, la Vérité à la place du Mensonge, la Justice à la place de l’Injustice, l’Harmonie à la place de tous les déséquilibres, la Paix à la place de la Guerre, l’Amour à la Place de la Haine, le Respect de la Nature à la place de son exploitation débridée et des déséquilibres écologiques, ceci, dans leur cœur et autour d’eux, en faisant néanmoins preuve de Sagesse, de retenu et d’esprit de discernement.
Cette mission leur garantit la Vie éternelle (Ankh, un autre concept d’origine africaine) car ils ont mis leurs êtres au service de la volonté divine. Tous, hommes et femmes sont appelés à remplir cette mission sans qu’aucune restriction ne soit faite aux femmes (c’est une grande différence avec la vision monothéiste issue du nomadisme). En effet, les femmes peuvent occuper tous les sacerdoces et même gouverner l’Etat. Rappelons enfin, que l’idéal du bien, Maât, est une femme.
Vu qu’il existe 12 positions du soleil dans le ciel (12 heures du jour), les Croyants kamits doivent célébrer Dieu 12 fois par jour. Mais vu la contrainte d’une telle pratique (réservée aux Prêtres), ils peuvent se contenter de 3 phases de prière (soit le matin, le midi et le soir, à savoir pour Kepri (le soleil du matin), pour Râ (le soleil du midi), pour Atum (le soleil du soir).
En conclusion…
On peut être surpris par les propos d’Amadou H. Bâ, surtout lorsque l’on sait que dans toutes les traditions africaines l’unicité de Dieu est affirmée et que les chroniqueurs de l’antiquité, grecs et phéniciens, ont attesté de l’origine africaine de la Sagesse divine. Ainsi, le grec Diodore de Sicile atteste de la primauté spirituelle de l’Ethiopie (le Soudan actuel jusqu’au Grand Lacs) que les anciens Africains nommaient « Ta Neter », soit la « Terre Sainte », lieu de la naissance divine de l’homme. C’est l’origine de ce terme. Au XIème siècle avant l’ère chrétienne, le roi phénicien de la ville de Byblos, Tjekerbaal, avouait au Kamit Ounamon ceci : "C’est d’Egypte qu’est sortie la sagesse (divine) pour atteindre les rives du pays où je vis".
Ce caractère unique de Dieu, on le retrouve par exemple, chez les Dogons qui disent, à propos de la création de l’univers :
« A l’origine, avant toutes les choses, il y avait Amma , Dieu établi sur le néant. Quand Amma commença à créer les choses, il en avait la pensée (…). Son projet de création, il l’avait écrit dans son coeur. La pensée fut donc sa première action ».
De même chez les Bambaras, on dit qu’avant de :
« Devenir créateur, Dieu s’est pensé lui-même (…) Il s’est adressé à lui-même dans son intériorité. Il a produit ainsi la première parole audible pour lui seul. Les sons primordiaux de cette parole furent à l’origine des éléments constitutifs du Monde ».
A ce titre, il convient de rappeler que la notion de Livre Sacré comme unique source d’enseignement spirituel est inadaptée pour l’Afrique noire car la Tradition et la Culture sont des composantes de la Religion ou la Religion ce scindait en Tradition et en Culture. Comme l’atteste Amadou H. Bâ, l’Africain « est un croyant né ». Ce qu’ignore par contre A. H. Bâ, c’est que l’Africain est l’inventeur des Textes Sacrés, des Textes de prières divines et des Textes de Sagesses.
Nulle information consignée dans l’un ou l’autre des Textes Sacrés Sémites n’est pour l’Africain qui connait sa tradition spirituelle un scoop.
Le baptême est une invention africaine, tout comme le mariage, la prêtrise, le temple, l’orientation pour la prière (vers le sud profond), l’eucharistie, la résurrection, la vie éternelle, l’adoration divine, etc…
La tradition musulmane dévoile les textes suivant :
La louange est à Allah, Seigneur des Univers. [
Ô Allah ! A toi seul toute la louange,
Tu es le Seigneur des Cieux et de la Terre. [
Et votre Dieu est un Dieu unique ! Nulle véritable divinité sauf lui. [
Dans la tradition africaine ancienne on retrouve déjà ces pensées :
Loué soit Tu Amon-Râ, le plus Grand du ciel,
Le plus Ancien de la terre,
Le Maître de ce qui existe,
Qui établit durablement toute chose.
OU encore :
Louange à Toi Amon-Râ,
Qui brille dans le ciel,
Qui illumine tous les pays
Dieu parfait,
Tu brilles,
Tu resplendis,
Tu es lumineux,
Tu culmines…
Et que dire de l’hymne d’Akhenaton :
"Qu’elles sont nombreuses les choses que tu as créé,
Bien qu’elles soient cachées à la vue,
Ô Dieu unique qui n’a point un autre au-dessus de lui,
Tu as créé l’univers selon ton cœur,
Étant seul,
Tous, hommes, troupeaux et bêtes sauvages,
Tout ce qui est sur terre et marche sur les pattes,
Ce qui est dans les hauteurs et vole de ses ailes,
Les pays des montagnes : Khor et Koush,
Le pays de Kemet.
Tu as mis chaque homme à sa place et as pourvu à son nécessaire.
Chacun a sa nourriture et son temps de vie est compté.
Les langues sont séparées dans leurs expressions.
Leurs caractères comme leurs peaux sont distincts
Seigneur de l’Univers entier,
Tu as organisé l’univers.
L’historiographie africaine révèle donc que l’Afrique a eu sa Révélation, son Grand Envoyé Divin (accompagné même de sa femme), des Prophètes pour inspirer les hommes, des Prêtres pour le culte divin, des Créatures divines (Anges dit Nétérou), des Textes Sacrés (donc un législateur), des prières et une vision spirituelle monothéiste authentiquement kamite dans laquelle de nombreux autres peuples ont puisé leurs idées. Dieu étant Amour et Vérité, il est donc juste que la Vérité soit dite !
Gloire et Louange à Amon-Râ,
Créateur de l’univers,
De la biodiversité
Et des Etres Vivants,
Grands Inspirateurs de Textes Sacrés.

Nous a-t-on caché l’origine africaine de l’eucharistie chrétienne ? Il existe bon nombre de "Mystères" dans la religion chrétienne que nous dévoile la religion Osirienne des africains anciens. L’eucharistie est l’un d’eux...
Comme le savent de nombreux frères et sœurs de religion catholique à travers le monde, l’eucharistie est le moment fort de la messe.

EUCHARISTIE
C’est le moment où, par l’intermédiaire du prêtre, Jésus est sensé s’incarner dans le pain et dans le vin, qui vont respectivement correspondre à son corps et à son sang. Pourquoi, comment ? C’est un Mystère divin nous disent les prêtres ! Par la suite, lors de la communion, les fidèles vont alors recevoir, le corps du Christ.
Pour beaucoup, c’est le mystère central de la religion chrétienne qui marque son originalité par rapport à toutes les autres religions. Ce moment spécial, a été pour certain, révélé par Dieu lui-même à Jésus qui l’a lui-même révélé qu’aux Juifs. Du moins c’est ce que vous croyiez avant de lire cet article.
Quelle est donc l’origine de l’eucharistie ?
Si nous admettons le fait que Moïse fut le guide spirituel du peuple hébreu et qu’il reçu son enseignement religieux dans le temple égyptien d’Héliopolis, nous avons déjà fait un pas vers la résolution de ce mystère.
Si nous admettons encore que les Grecs ont attesté que les Ethiopiens, ancêtres des Egyptiens anciens, ont les premiers rendus dans l’antiquité, un culte à Dieu, nous avons déjà fait ensemble un deuxième pas.
Entrons maintenant dans le mystère...
A l’origine, les hommes considéraient que Dieu (Neter) et les siens (Neterou) pr

BARAK OBAMA Le discours du président Obama au Ghana Le 18/07/2009

Le discours du président Obama au Ghana
Texte intégral

Note de la rédaction: SAMEDI 11 JUILLET 2009
Le samedi 11 juillet 2009, le Premier Président Noir des Etats-Unis a effectué sa première visite officielle de Chef d'Etat Américain sur le continent africain : il était au Ghana, accompagné de sa femme Michelle et de leurs deux filles Sasha et Malia. Accueilli la veille avec chaleur et enthousiasme tant par la population que par le nouveau Président Ghanéen démocratiquement élu en janvier dernier, Monsieur Obama s'est adressé à toute l'Afrique et au Tiers-Monde sous-développé dans un discours prononcé devant les Membres du Parlement Ghanéen à Accra, ce samedi 11 juillet 2009. Ce discours va nécessairement marquer l'orientation des nouveaux rapports entre les Etats-Unis et l'Afrique, et, par voie de conséquence, les nouveaux partenariats de l'Administration Barack OBAMA avec les autres pays à problèmes du Tiers ou Quart Monde. Les Haïtiens ont intérêt à décoder les messages que nous envoie le Chef de l'Etat américain par-delà les océans de la lointaine Afrique, depuis la terre du pays de Kwamé Nkrumah.
Le Nouvelliste remercie le Président et Fondateur du Club Barack OBAMA d'Haïti, le Professeur Osner H. FEVRY, qui a eu la gentillesse de nous faire parvenir ce texte historique qui lui a été transmis à partir du Secrétariat de presse de la Maison Blanche à Washington D.C.
Discours du président Barack Obama au parlement Ghanéen

Le président : (Son d'une trompette.) Ça me plaît ! Merci, merci. Je pense que notre Congrès a besoin d'une de ces trompettes. J'aime bien le son, cela me rappelle Louis Armstrong.

Bon après-midi à tous. C'est un grand honneur pour moi d'être à Accra et de parler aux représentants du peuple ghanéen. Je suis très reconnaissant de l'accueil que j'ai reçu, tout comme le sont Michelle, Malia et Sasha Obama. L'histoire ghanéenne est riche, les liens entre nos deux pays sont forts, et je suis fier que ce soit ma première visite en Afrique subsaharienne en qualité de président des États-Unis d'Amérique.

Je voudrais remercier la présidente et tous les membres de la Chambre des représentants de nous accueillir aujourd'hui. Je voudrais remercier le président Mills pour ses qualités extraordinaires de direction. Aux anciens présidents - Jerry Rawlings, l'ancien président Kufuor - au vice-président, au président de la Cour suprême, je vous remercie tous pour votre hospitalité extraordinaire et pour les merveilleuses institutions que vous avez bâties au Ghana.

Je vous parle à la fin d'un long voyage. Je l'ai commencé en Russie par une réunion au sommet entre deux grandes puissances. Je me suis rendu en Italie pour la réunion des grandes puissances économiques du monde. Et me voici, enfin, au Ghana, pour une simple raison : le XXIe siècle sera influencé par ce qui se passera non seulement à Rome ou à Moscou ou à Washington, mais aussi à Accra.

C'est la simple vérité d'une époque où nos connexions font disparaître les frontières entre les peuples. Votre prospérité peut accroître la prospérité des États-Unis. Votre santé et votre sécurité peuvent contribuer à la santé et à la sécurité du monde. Et la force de votre démocratie peut contribuer à la progression des droits de l'homme pour tous les peuples.

Je ne considère donc pas les pays et les peuples d'Afrique comme un monde à part ; je considère l'Afrique comme une partie fondamentale de notre monde interconnecté, comme un partenaire des États-Unis en faveur de l'avenir que nous souhaitons pour tous nos enfants. Ce partenariat doit se fonder sur la responsabilité mutuelle et sur le respect mutuel : c'est ce dont je tiens à vous parler aujourd'hui.

Nous devons partir du principe qu'il revient aux Africains de décider de l'avenir de l'Afrique.

Je dis cela en étant pleinement conscient du passé tragique qui hante parfois cette partie du monde. Après tout, j'ai du sang africain dans les veines, et l'histoire de ma famille englobe aussi bien les tragédies que les triomphes de l'histoire de l'Afrique dans son ensemble.

Certains d'entre vous savent que mon grand-père était cuisinier chez des Britanniques au Kénya, et bien qu'il fût un ancien respecté dans son village, ses employeurs l'ont appelé « boy » pendant la plus grande partie de sa vie. Il était à la périphérie des luttes en faveur de la libération du Kénya, mais il a quand même été incarcéré brièvement pendant la période de répression. Durant sa vie, le colonialisme n'était pas simplement la création de frontières artificielles ou de termes de l'échange inéquitables ; c'était quelque chose que l'on éprouvait dans sa vie personnelle jour après jour, année après année.

Mon père a grandi dans un tout petit village où il gardait des chèvres, à une distance impossible des universités américaines où il serait parti faire des études. Il est devenu adulte à un moment de promesses extraordinaires pour l'Afrique. Les luttes de la génération de son propre père ont donné naissance à de nouveaux États, en commençant ici au Ghana. Les Africains s'éduquaient et s'affirmaient d'une nouvelle façon. L'histoire était en marche.

Toutefois, malgré les progrès obtenus - et il y a eu des progrès considérables dans certaines parties de l'Afrique - nous savons aussi que cette promesse est encore loin de se réaliser. Des pays tels que le Kénya, dont le revenu par habitant était supérieur à celui de la Corée du Sud lorsque je suis né, ont été fortement distancés. Les maladies et les conflits ont ravagé plusieurs régions du continent africain.

Dans de nombreux pays, l'espoir de la génération de mon père a cédé la place au cynisme, voire au désespoir. Certes, il est facile de pointer du doigt et de rejeter la responsabilité de ces problèmes sur d'autres. Il est vrai qu'une carte coloniale qui n'avait guère de sens a contribué à susciter des conflits, et l'Occident a souvent traité avec l'Afrique avec condescendance, à la quête de ressources plutôt qu'en partenaire. Cependant, l'Occident n'est pas responsable de la destruction de l'économie zimbabwéenne au cours des dix dernières années, ni des guerres où des enfants sont enrôlés comme soldats. Durant la vie de mon père, ce sont en partie le tribalisme et le népotisme dans un Kénya indépendant qui, pendant longtemps, ont fait dérailler sa carrière, et nous savons que cette forme de corruption est toujours un fait quotidien de la vie d'un trop grand nombre de personnes.

Or, nous savons que ce n'est pas là toute l'histoire. Ici au Ghana, vous nous montrez un aspect de l'Afrique qui est trop souvent négligé par un monde qui ne voit que les tragédies ou la nécessité d'une aide charitable. Le peuple ghanéen a travaillé dur pour consolider la démocratie, au moyen de passages pacifiques répétés du pouvoir, même à la suite d'élections très serrées. Et à cet égard, je voudrais dire que la minorité mérite tout autant de louanges que la majorité. Grâce à une meilleure gouvernance et au rôle de la société civile naissante, l'économie ghanéenne a enregistré un taux de croissance impressionnant.

Ce progrès ne possède sans doute pas l'aspect dramatique des luttes de libération du XXe siècle, mais que personne ne s'y trompe : il sera, en fin de compte, plus significatif. Car de même qu'il est important de se soustraire au contrôle d'une autre nation, il est encore plus important de se forger sa propre nation.

C'est pourquoi je suis convaincu que la période actuelle est tout aussi prometteuse pour le Ghana et pour l'Afrique que celle pendant laquelle mon père est devenu adulte et que de nouveaux États sont apparus. C'est une nouvelle période de grande promesse. Seulement cette fois-ci, nous avons appris que ce ne seront pas de grandes personnalités telles que Nkrumah et Kenyatta qui décideront du destin de l'Afrique. Ce sera vous, les hommes et les femmes du Parlement ghanéen et le peuple que vous représentez. Ce seront les jeunes, débordant de talent, d'énergie et d'espoir, qui pourront revendiquer l'avenir que tant de personnes des générations précédentes n'ont jamais réalisé.

Maintenant, pour réaliser cette promesse, nous devons tout d'abord reconnaître une vérité fondamentale à laquelle vous avez donné vie au Ghana, à savoir que le développement dépend de la bonne gouvernance. C'est l'ingrédient qui fait défaut dans beaucoup trop de pays depuis bien trop longtemps. C'est le changement qui peut déverrouiller les potentialités de l'Afrique. Enfin, c'est une responsabilité dont seuls les Africains peuvent s'acquitter.

Quant aux États-Unis et au reste de l'Occident, notre engagement ne doit pas se mesurer uniquement à l'aune des dollars que nous dépensons. Je me suis engagé à augmenter fortement notre aide à l'étranger, ce qui correspond à l'intérêt de l'Afrique et à celui des États-Unis. Toutefois, le véritable signe de réussite n'est pas de savoir si nous sommes une source d'aide perpétuelle qui aide les gens à survivre tant bien que mal, mais si nous sommes des partenaires dans la création des capacités nécessaires pour un changement transformateur.

Cette responsabilité mutuelle doit être le fondement de notre partenariat. Aujourd'hui, je parlerai tout particulièrement de quatre domaines qui sont essentiels pour l'avenir de l'Afrique et de tous les pays en développement : la démocratie, les possibilités économiques, la santé et le règlement pacifique des conflits.

Premièrement, nous devons soutenir les démocraties puissantes et durables.

Comme je l'ai dit au Caire, chaque nation façonne la démocratie à sa manière, conformément à ses traditions. Mais l'histoire prononce un verdict clair : les gouvernements qui respectent la volonté de leur peuple, qui gouvernent par le consentement et non par la coercition, sont plus prospères, plus stables et plus florissants que ceux qui ne le font pas.

Il ne s'agit pas seulement d'organiser des élections - il faut voir ce qui se passe entre les scrutins. La répression revêt de nombreuses formes et trop de pays, même ceux qui tiennent des élections, sont en proie à des problèmes qui condamnent leur peuple à la pauvreté. Aucun pays ne peut créer de richesse si ses dirigeants exploitent l'économie pour s'enrichir personnellement, ou si des policiers peuvent être achetés par des trafiquants de drogue. Aucune entreprise ne veut investir dans un pays où le gouvernement se taille au départ une part de 20 %, ou dans lequel le chef de l'autorité portuaire est corrompu. Personne ne veut vivre dans une société où la règle de droit cède la place à la loi du plus fort et à la corruption. Ce n'est pas de la démocratie, c'est de la tyrannie, même si de temps en temps on y sème une élection ça et là, et il est temps que ce style de gouvernement disparaisse.

En ce XXIe siècle, des institutions capables, fiables et transparentes sont la clé du succès - des parlements puissants et des forces de police honnêtes ; des juges et des journalistes indépendants ; un secteur privé et une société civile florissants, ainsi qu'une presse indépendante. Tels sont les éléments qui donnent vie à la démocratie, parce que c'est ce qui compte dans la vie quotidienne des gens.

Les Ghanéens ont à maintes reprises préféré le droit constitutionnel à l'autocratie, et ont fait preuve d'un esprit démocratique qui permet à leur énergie de se manifester. Nous le voyons dans les dirigeants qui acceptent la défaite gracieusement - le fait que les concurrents du président Mills se tenaient là à ses côtés lorsque je suis descendu de l'avion en dit long sur le Ghana - et dans les vainqueurs qui résistent aux appels à l'exercice de leur pouvoir contre l'opposition de manière injuste. Nous voyons cet esprit se manifester dans les journalistes courageux comme Anas Aremeyaw Anas, qui a risqué sa vie pour relater la vérité. Nous le voyons dans des policiers comme Patience Quaye, qui a contribué à faire traduire en justice le premier trafiquant d'êtres humains au Ghana. Nous le voyons dans les jeunes qui s'élèvent contre le népotisme et qui participent à la vie politique.

Dans toute l'Afrique, nous avons vu de multiples exemples de gens qui prennent leur destinée en main et qui opèrent des changements à partir de la base. Nous l'avons vu au Kénya, où la société civile et le secteur privé se sont unis pour aider à stopper la violence postélectorale. Nous l'avons vu en Afrique du Sud, où plus de trois quarts des citoyens ont voté dans la dernière élection, la quatrième depuis la fin de l'apartheid. Nous l'avons vu au Zimbabwé, où le Réseau de soutien au vote a bravé la brutale répression pour faire valoir le principe selon lequel le droit de vote d'un citoyen est sacré.

Alors ne vous y trompez pas : l'histoire est du côté de ces courageux Africains, et non dans le camp de ceux qui se servent de coups d'État ou qui modifient les constitutions pour rester au pouvoir. L'Afrique n'a pas besoin d'hommes forts, mais de fortes institutions.

L'Amérique ne cherchera pas à imposer un système quelconque de gouvernement à aucune autre nation. La vérité essentielle de la démocratie est que chaque nation détermine elle-même son destin. Ce que fera l'Amérique, en revanche, ce sera d'accroître son aide aux personnes et aux institutions responsables, en mettant l'accent sur l'appui à la bonne gouvernance : aux parlements, qui maîtrisent les abus de pouvoir et s'assurent que les voix de l'opposition peuvent s'exprimer ; à la règle de droit, qui garantit l'égalité de tous devant la justice ; à la participation civile, afin que les jeunes soient actifs dans la vie politique ; et à des solutions concrètes à la corruption telles que l'expertise comptable, l'automatisation des services, le renforcement des lignes d'appel d'urgence, la protection de ceux qui dénoncent les abus afin de promouvoir la transparence, et la responsabilité.

Et cette aide, nous la fournissons. J'ai demandé à mon gouvernement d'accorder davantage d'attention à la corruption dans notre rapport sur les droits de l'homme. Tous les gens devraient avoir le droit de démarrer une entreprise ou d'obtenir une éducation sans avoir à verser de pots-de-vin. Nous avons le devoir de soutenir ceux qui agissent de façon responsable et d'isoler ceux qui ne le font pas, et c'est exactement ce que fera l'Amérique.

Cela nous conduit directement à notre deuxième domaine de coopération - le soutien à un développement qui offre des débouchés aux gens.

Avec une meilleure gouvernance, je ne doute pas que l'Afrique tiendra sa promesse de créer une plus vaste base pour la prospérité. Témoin en est le succès extraordinaire d'Africains dans mon propre pays d'Amérique. Ils se portent très bien. Ils ont donc le talent et ils possèdent l'esprit d'entreprise - la question est de savoir comment s'assurer qu'ils réussissent ici dans leur pays d'origine. Ce continent est riche en ressources naturelles. Et que ce soient des chefs d'entreprises spécialisées dans la téléphonie portable ou des petits agriculteurs, les Africains ont montré leur capacité et leur volonté de créer leurs propres possibilités. Mais il faut également rompre avec de vieilles habitudes. La dépendance vis-à-vis des matières premières - ou d'un seul produit d'exportation - a tendance à concentrer la richesse au sein d'une minorité, laissant la majorité vulnérable à la récession.
Au Ghana, par exemple, le pétrole crée de magnifiques possibilités, et vous vous êtes préparés à ces nouveaux revenus de façon responsable. Mais comme le savent de nombreux Ghanéens, le pétrole ne peut pas simplement remplacer le cacao. De la Corée du Sud à Singapour, l'histoire montre que les pays réussissent lorsqu'ils investissent dans la société et dans leur infrastructure ; lorsqu'ils multiplient les industries d'exportation, se dotent d'une main-d'oeuvre qualifiée et font de la place aux petites et moyennes entreprises créatrices d'emplois.

Alors que les Africains se rapprochent de cette promesse, l'Amérique va leur tendre la main de façon plus responsable. En réduisant les sommes qui vont aux consultants occidentaux et au gouvernement, nous voulons mettre plus de ressources entre les mains de ceux qui en ont besoin, tout en apprenant aux gens à faire plus pour eux-mêmes. C'est pourquoi notre initiative de 3,5 milliards de dollars en faveur de la sécurité alimentaire est axée sur de nouvelles méthodes et technologies agricoles, et non pas sur la simple expédition de biens et services américains vers l'Afrique. L'aide n'est pas une fin en soi. L'objectif de l'aide à l'étranger doit être de créer les conditions dans lesquelles elle ne sera plus nécessaire. Non seulement je veux voir les Ghanéens autosuffisants sur le plan alimentaire, je veux vous voir exporter des produits alimentaires à d'autres pays et gagner de l'argent. Cela, vous le pouvez.

Certes, l'Amérique peut faire plus pour promouvoir le commerce et les investissements. Les pays riches doivent réellement ouvrir leurs portes aux biens et services de l'Afrique d'une manière significative. Ce sera d'ailleurs un des engagements de mon gouvernement. Et là où il y a une bonne gouvernance, nous pouvons étendre la prospérité par le truchement de partenariats entre les secteurs public et privé qui investiront dans l'amélioration des routes et des réseaux électriques ; de programmes de formation qui apprendront aux gens comment développer leur entreprise ; et de services financiers non seulement pour les villes mais pour les régions pauvres et les zones rurales. Cela aussi dans notre propre intérêt - parce que si les gens se sortent de la pauvreté et que de la richesse se crée en Afrique, il s'ensuit que de nouveaux marchés s'ouvriront pour nos propres produits. Tout le monde y gagne.

Un secteur qui représente à la fois un danger indéniable et une promesse extraordinaire est celui de l'énergie. L'Afrique émet moins de gaz à effet de serre que toute autre région du monde, mais elle est la plus menacée par le changement climatique. Une planète qui se réchauffe propagera les maladies, réduira les ressources en eau, épuisera les récoltes, et créera les conditions favorables à plus de famine et plus de conflits. Nous avons tous - en particulier le monde développé - le devoir de ralentir ces tendances, en réduisant les effets du changement climatique et en changeant la façon dont nous utilisons l'énergie. Mais nous pouvons également coopérer avec les Africains pour transformer cette crise en occasion de progrès.

Ensemble, nous pouvons coopérer en faveur de notre planète et de la prospérité, et aider les pays à accroître leur accès à l'énergie tout en sautant, en contournant les phases les plus polluantes du développement. Pensez-y : dans l'ensemble de l'Afrique, il existe de l'énergie éolienne et solaire en abondance, ainsi que de l'énergie géothermique et des biocarburants. De la vallée du Rift aux déserts de l'Afrique du Nord ; de la côte de l'Afrique de l'Ouest aux récoltes de l'Afrique du Sud - les dons inépuisables que procure la nature à l'Afrique peuvent lui permettre de créer sa propre énergie et d'exporter de l'énergie propre et rentable à l'étranger.

Il ne s'agit pas seulement de chiffres de croissance sur un bilan comptable. Il s'agit de savoir si un jeune doté d'une éducation peut trouver un emploi qui lui permettra de nourrir sa famille ; si un agriculteur peut amener ses produits au marché ; ou si un homme d'affaires armé d'une bonne idée peut démarrer une entreprise. Il s'agit de la dignité du travail. Il s'agit d'une chance que doivent pouvoir saisir les Africains au XXIe siècle.

De même que la gouvernance est une condition essentielle du progrès économique, elle revêt également une importance cruciale dans le troisième domaine que je voudrais à présent aborder, l'amélioration de la santé publique.

Ces dernières années, des progrès énormes ont été accomplis dans certaines parties de l'Afrique. Les gens sont beaucoup plus nombreux à vivre avec le VIH/sida de manière productive et à obtenir les médicaments qu'il leur faut. Je viens de visiter une merveilleuse clinique, un hôpital spécialisé dans la santé maternelle. Mais trop d'Africains périssent toujours de maladies qui ne devraient pas les tuer. Lorsque des enfants meurent d'une piqûre de moustique et que des mères succombent lors d'un accouchement, nous savons qu'il reste des progrès à faire.

Or du fait des incitations, souvent fournies par les pays donateurs, beaucoup de médecins et d'infirmiers africains s'en vont à l'étranger, ou travaillent à des programmes qui luttent contre une maladie unique. Cette situation crée des lacunes en matière de soins primaires et de prévention de base. Par ailleurs, il appartient à tout un chacun de faire sa part. Il faut faire des choix responsables de nature à prévenir la propagation de la maladie et à promouvoir la santé publique dans la collectivité et dans le pays.
Ainsi, d'un bout à l'autre de l'Afrique, nous voyons des exemples de gens qui s'attaquent à ces problèmes. Au Nigéria, des chrétiens et des musulmans ont mis en place un programme interconfessionnel de lutte contre le paludisme qui est un modèle de coopération. Ici au Ghana et dans toute l'Afrique, nous observons des idées novatrices visant à combler les lacunes du système de santé, par exemple des initiatives d'échanges d'informations médicales par Internet qui permettent à des médecins exerçant dans de grandes villes d'aider ceux des petites agglomérations.

Les États-Unis appuieront ces efforts dans le cadre d'une stratégie de santé exhaustive et mondiale. Car au XXIe siècle, nous sommes appelés à agir selon notre conscience mais aussi dans notre intérêt commun. Lorsqu'un enfant meurt à Accra d'une maladie évitable, cela nous diminue partout. Lorsque dans un coin quelconque du monde on néglige de s'attaquer à une maladie, nous savons qu'elle peut se propager à travers les océans et d'un continent à l'autre.


C'est pourquoi mon gouvernement s'est engagé à consacrer 63 milliards de dollars à relever ces défis - 63 milliards de dollars. En nous fondant sur les solides efforts du président Bush, nous poursuivrons la lutte contre le VIH/sida. Nous ne cesserons de chercher à enrayer la mortalité due au paludisme et à la tuberculose et nous travaillerons à éradiquer la polio. Il ne s'agit d'ailleurs pas de s'attaquer aux maladies isolément : nous investirons dans des systèmes de santé publique à même de prévenir la maladie et de promouvoir le bien-être, en mettant l'accent sur la santé maternelle et infantile.

En même temps que nous unissons nos efforts en faveur d'une meilleure santé, nous devons également stopper la destruction causée non pas par la maladie, mais par les êtres humains. C'est pourquoi le dernier domaine que je vais aborder se rapporte aux conflits.

Soyons bien clairs : l'Afrique ne correspond pas à la caricature grossière d'un continent perpétuellement en guerre. Mais si l'on est honnête, pour beaucoup trop d'Africains, le conflit fait partie de la vie ; il est aussi constant que le soleil. On se bat pour des territoires et on se bat pour des ressources. Et il est toujours trop facile à des individus sans conscience d'entraîner des communautés entières dans des guerres entre religions et entre tribus.

Tous ces conflits pèsent sur l'Afrique comme un véritable boulet. Nous sommes tous répartis selon nos identités diverses, de tribu et d'ethnie, de religion et de nationalité. Mais se définir par son opposition à une personne d'une autre tribu, ou qui vénère un prophète différent, cela n'a aucune place au XXIe siècle. La diversité de l'Afrique devrait être source de force et non facteur de division. Nous sommes tous enfants de Dieu. Nous partageons tous des aspirations communes : vivre dans la paix et dans la sécurité ; avoir accès à l'éducation et à la possibilité de réussir ; aimer notre famille, notre communauté et notre foi. Voilà notre humanité commune.

C'est la raison pour laquelle nous devons nous élever contre l'inhumanité parmi nous. Il n'est jamais justifiable - jamais justifiable - de cibler des innocents au nom d'une idéologie. C'est un arrêt de mort, pour toute société, que de forcer des enfants à tuer dans une guerre. C'est une marque suprême de criminalité et de lâcheté que de condamner des femmes à l'ignominie continuelle et systémique du viol. Nous devons rendre témoignage de la valeur de chaque enfant au Darfour et de la dignité de chaque femme au Congo. Aucune religion, aucune culture ne doit excuser les atrocités qui leur sont infligées. Nous devons tous rechercher la paix et la sécurité nécessaires au progrès.

On voit d'ailleurs des Africains se mobiliser pour cet avenir. Ici aussi, au Ghana, nous vous voyons contribuer à montrer la voie. Soyez fiers, Ghanéens, de vos contributions au maintien de la paix au Congo, au Libéria ou encore au Liban, ainsi que de votre résistance au fléau du trafic de stupéfiants. Nous nous félicitons des mesures que prennent des organisations telles que l'Union africaine et la CEDEAO en vue de mieux régler les conflits, de maintenir la paix et de soutenir ceux qui sont dans le besoin. Et nous encourageons la vision d'un cadre sécuritaire régional puissant, capable de mobiliser une force efficace et transnationale lorsque cela s'avère nécessaire.

Il incombe aux États-Unis de travailler avec vous en tant que partenaire à promouvoir cette vision, non seulement par des paroles mais aussi par des appuis qui renforcent les capacités de l'Afrique. Lorsqu'il y a génocide au Darfour ou des terroristes en Somalie, ce ne sont pas simplement des problèmes africains : ce sont des défis mondiaux à la sécurité, exigeant une riposte mondiale.

C'est pourquoi nous sommes prêts à agir en partenariat, tant par la diplomatie que par l'assistance technique et l'appui logistique, et que nous soutiendrons les efforts visant à contraindre les criminels de guerre à rendre des comptes. En outre, je tiens à le dire clairement : notre Commandement pour l'Afrique ne vise pas à prendre pied sur le continent, mais à relever ces défis communs afin de renforcer la sécurité des États-Unis, de l'Afrique et du reste du monde.

À Moscou, j'ai parlé de la nécessité d'un système international où les droits universels des êtres humains soient respectés et où les violations de ces droits soient combattues. Ceci doit inclure un engagement à soutenir ceux qui règlent les conflits pacifiquement, à sanctionner et à arrêter ceux qui ne le font pas, et à aider ceux qui ont souffert. Mais en fin de compte, ce seront des démocraties dynamiques telles que le Botswana et le Ghana qui diminueront les causes de conflit et élargiront les frontières de la paix et de la prospérité.

Comme je l'ai déjà dit, l'avenir de l'Afrique appartient aux Africains. Les peuples d'Afrique sont prêts à revendiquer cet avenir. Dans mon pays, les Afro-Américains - dont un grand nombre d'immigrés récents - réussissent dans tous les secteurs de la société. Cela, nous l'avons accompli en dépit d'un passé difficile et nous avons puisé notre force dans notre héritage africain. Avec de puissantes institutions et une ferme volonté, je sais que les Africains peuvent réaliser leurs rêves à Nairobi et à Lagos, à Kigali et à Kinshasa, à Harare et ici-même à Accra.

Vous savez, il y a cinquante-deux ans, les yeux du monde étaient rivés sur le Ghana. Et un jeune prédicateur du nom de Martin Luther King est venu ici, à Accra, pour voir amener les couleurs de l'Union Jack et hisser le drapeau du Ghana. Cet événement précédait la Marche sur Washington et l'aboutissement du mouvement des droits civiques dans mon pays. On a demandé à Martin Luther King quel sentiment lui avait inspiré la vue de la naissance d'une nation, et il a répondu : « Cela renforce ma conviction que la justice finit toujours par triompher. »

Aujourd'hui, ce triomphe doit être, une fois de plus, renouvelé, et c'est vous qui le devrez le faire. Ici, je m'adresse particulièrement aux jeunes, à travers toute l'Afrique et ici-même au Ghana. Dans des endroits comme le Ghana, vous représentez plus de la moitié de la population.

Et voici ce que vous devez savoir : le monde sera ce que vous en ferez. Vous avez le pouvoir de responsabiliser vos dirigeants et de bâtir des institutions qui servent le peuple. Vous pouvez servir vos communautés et mettre votre énergie et votre savoir à contribution pour créer de nouvelles richesses ainsi que de nouvelles connexions avec le monde. Vous pouvez conquérir la maladie, mettre fin aux conflits et réaliser le changement à partir de la base. Vous pouvez faire tout cela. Oui, vous le pouvez. Car en ce moment précis, l'histoire est en marche.

Mais ces choses ne pourront se faire que si vous saisissez la responsabilité de votre avenir. Ce ne sera pas facile. Cela exigera du temps et des efforts. Il y aura des souffrances et des revers. Mais je puis vous promettre ceci : l'Amérique vous accompagnera tout le long du chemin, en tant que partenaire ; en tant qu'amie. Cependant, le progrès ne viendra de nulle part ailleurs, il doit découler des décisions que vous prendrez, des actions que vous engagerez et de l'espoir que vous porterez dans votre coeur.

Ghana, la liberté est votre héritage. À présent, c'est à vous que revient la responsabilité de bâtir sur cette fondation de liberté. Si vous le faites, nous pourrons, bien des années plus tard, nous remémorer des lieux comme Accra et nous dire que c'est à ce moment-là que la promesse s'est réalisée, que la prospérité s'est forgée, que la douleur a été surmontée et qu'une nouvelle ère de progrès a débuté. Ce moment peut être celui où nous verrons, une fois de plus, triompher la justice. Oui, nous le pouvons. Merci beaucoup. Que Dieu vous bénisse.

Je vous remercie.

La Maison-Blanche
Bureau du secrétaire de presse
Le 11 juillet 2009

Cheikh Anta DIOP au Symposium international de Le 18/07/2009

Cheikh Anta DIOP au Symposium international de
Kinshasa qui s’est tenu du 20 au 30 avril 1985

Vue de la maquette à trois dimensions du Tokamak ITER, projet
international visant à produire de l’énergie par la fusion thermonucléaire dans
un dispositif à confinement magnétique. Le mannequin permet d’apprécier
les dimensions de l’installation. La réaction nucléaire mise en jeu est :
Deutérium + Tritium Hélium 4 + neutron. Le coût du projet est évalué à
4,7 milliards d’euros sur 10 ans.
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN

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LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE
AFRICAIN


Communication de Cheikh Anta DIOP au Symposium international de
Kinshasa qui s’est tenu du 20 au 30 avril 1985 sur le thème La science, la
technique et le développement de l’Afrique - l’Afrique et son avenir. Elle a
été publiée par Jeune Afrique Economie, n°66, 11 juillet 1985.


Faisons une projection dans le proche avenir et demandons-nous
quelle sera la physionomie énergétique du monde, dans 30 à 40 ans,
aux confins des années 2010 à 2020.

Si le rythme actuel de la consommation mondiale est maintenu les
experts sont à peu près d’accord pour prévoir une pénurie croissante
dans le domaine des sources d’énergie primaires fossiles, c’est-à-dire
celui des hydrocarbures, du gaz naturel, du charbon, des tourbes, etc.,
même en faisant la part des nappes et mines importantes restant à
découvrir au niveau des continents.

En même temps, la pollution atmosphérique en gaz carbonique qui a
atteint une échelle géochimique, ira s’accentuant.

La physique de l’atmosphère est très mal connue, et une modélisation
correcte de l’évolution des phénomènes reste très difficile. Cependant
on sait que le gaz carbonique en provenance de la combustion des
sources fossiles tend à former dans l’atmosphère un écran produisant
un « effet serre » sur le rayonnement solaire. Il pourrait s’en suivre, à
la longue, une légère élévation de la température du globe avec toutes
les catastrophes qui en découleraient.

LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN
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Donc l’épuisement progressif des sources d’énergie classiques et les
impératifs écologiques amèneront l’humanité dans un avenir, non très
lointain, à envisager sérieusement un changement de vecteur
d’énergie.

Tous ces facteurs et tant d’autres aidant, les hydrocarbures
deviendront, de plus en plus, des matières premières de synthèse pour
l’industrie chimique, protéines animales, fibres, etc. En effet,
l’épuisement des sources d’énergie fossile, non renouvelables, y
compris l’uranium, va coïncider selon toute probabilité avec
l’opérationnalité des centrales solaires hélio-voltaïque ou à un cycle
thermodynamique et surtout avec la faisabilité de la réaction
thermonucléaire, d’abord la réaction tritium-deutérium, puis
deutérium-deutérium.

Le tritium étant obtenu, à partir du lithium 6, la quantité totale de
deutérium à fusionner dans le cas de la première réaction dépendrait
des réserves de lithium disponibles sur la planète. Or, on sait que
celles-ci sont limitées.

Mais dans le cas de la seconde réaction (deutérium-deutérium)
l’humanité disposerait d’une source d’énergie quasi inépuisable, c’est-
à-dire pour un milliard d’années. Cette durée correspond à la quantité
de deutérium contenue dans les océans (2 1017 kg avec une
concentration de 0.02 %).

Le deutérium ou hydrogène lourd nécessaire à l’alimentation des
réacteurs thermonucléaires serait extrait comme l’hydrogène léger par
électrolyse de l’eau de mer, pour une somme modique. Ceci n’est pas
tout à fait un rêve : en France avec une configuration Tokamak et par
un chauffage du plasma par radio-fréquences, on vient d’atteindre il y
a deux ans, à Fontenay-aux-Roses, une température de 20 millions de
degrés avec une densité de matière de 200 000 milliards de particules
par cm3. Certes, le « critère de LAWSON » est loin d’être satisfait et
nous sommes conscients des immenses progrès qui doivent être
réalisés encore pour que la fusion thermonucléaire soit domestiquée.

C’est aussi à la même époque, vers l’horizon 2020 que la quasi totalité
des grandes chutes d’eau africaines seront équipées pour la production
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN

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de l’hydroélectricité : Inga au Zaïre en particulier ; peut-être aussi
qu’à la même époque le procédé japonais qui consiste à fabriquer de
l’hydrogène en utilisant directement le rayonnement solaire pour
casser la molécule d’eau commencera à sortir du laboratoire.

Le rapprochement de ces deux tableaux montre que l’humanité sera
amenée à changer de vecteur énergie, pour l’essentiel.

Un auteur comme M. Jacques PERCEBOIS envisage trois vecteurs
possibles : le vecteur classique qu’est l’électricité qui subsistera
toujours, mais deviendra insuffisant pour l’ensemble des besoins
d’activités, le méthanol dont la production pourrait être accrue par des
moyens bioénergétiques mais que nous écartons ne serait-ce que pour
des raisons de pollution. Cette solution que le Brésil tente d’appliquer
(construction de voiture fonctionnant au méthanol) en ce moment, par
la culture de la canne à sucre pour faire face à la pénurie du pétrole,
montre au moins l’actualité du problème, solution précaire : des aléas
climatiques ont forcé le Brésil à amender son projet.

Enfin, le vecteur hydrogène que beaucoup de spécialistes considèrent
comme susceptible de devenir la solution de demain, en association
bien sûr avec l’électricité. Cette solution serait la meilleure pour
l’Afrique, pour les raisons suivantes :

Certes, l’hydrogène n’est pas une énergie primaire et en brûlant il
restitue moins que l’énergie dépensée pour le produire, car la
conversion énergétique est toujours accompagnée de pertes. Mais, en
cela, elle est identique au vecteur méthanol.

Pour que son usage devienne opérationnel, il faudra donc disposer
d’immenses sources d’énergie renouvelables pour le produire. Tel
pourrait être le cas de l’Afrique associant l’hydroélectricité de ses
grands barrages aux centrales solaires (devenues opérationnelles),
dans une trentaine d’années, avant même l’exploitation commerciale
de l’énergie thermonucléaire.

À l’époque coloniale, les ingénieurs belges avaient déjà calculé que le
barrage d’Inga entièrement équipé permettrait à lui seul d’assurer
l’éclairage de tout le continent Sud Américain, ou tous les besoins
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN
136
énergétiques du continent africain en temps de paix. Ils avaient
calculé aussi qu’en élevant la tension du courant produit à Inga au
seuil du million de volts et en le redressant pour le transporter en
continu à travers toute l’Afrique, le Sahara jusqu’en Espagne, au
Portugal et au sud de l’Italie, ils pourraient le moduler encore pour
obtenir de l’alternatif et que le kWh, ainsi vendu à l’Europe pauvre,
resterait encore compétitif malgré les pertes en lignes.

Donc, soit dit en passant, l’Afrique ne manque pas d’énergie, mais
celle-ci est mal identifiée et mal distribuée ; l’interconnexion du
réseau africain pour la création d’un marché intégré de l’énergie est un
impératif économique.

Il nous faudra calculer le nombre de véhicules à hydrogène de
puissance moyenne fonctionnant huit heures par jour que l’on pourra
faire marcher en disposant du 1/3 de l’énergie des grands barrages
africains pendant un an : Inga, Cabora-Bassa, Konkouré, Sanaga, etc.

L’hydrogène est un bon propergol et donne une impulsion spécifique
supérieure à celle du kérosène, car les gaz sont chauds et légers à la
sortie des tuyères. Il peut donc servir sous forme liquide à la
propulsion de tous les engins mobiles (automobiles à hydrogène,
avions, dernier étage des fusées en particulier).

Ses inconvénients sont surtout sa légèreté qui obligerait à utiliser de
grands réservoirs ou à faire des escales plus rapprochées et sa
température d’ébullition (-233° Celsius) qui est très basse. Il pourrait
servir pour les avions à réaction.

Un supersonique à hydrogène ne verserait que des tonnes d’eau dans
l’atmosphère tandis que le même type d’appareil utilisant du kérosène
éjecte dans l’atmosphère en trois minutes plus de gaz carbonique que
la forêt de Fontainebleau (France) ne peut en absorber en une journée.

Evidemment, la technologie de l’hydrogène comme vecteur d’énergie
n’est pas si simple, et si le continent africain veut jouer le rôle de
pionnier dans ce domaine, c’est dès maintenant qu’il doit s’y prendre
en créant les structures de recherche et de formation appropriées.
Certains grands pays africains comme le Nigeria, le Zaïre (Congo
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN

137
Kinshasa)1 et même d’autres, peuvent créer des départements
spécialisés dans leurs enseignements supérieurs pour la maîtrise de
cette technologie : telle école polytechnique et tel pays africain
pourrait déjà s’organiser pour gérer dans cinq ans une petite centrale
solaire à cycle thermodynamique, au bord de la mer afin de se
familiariser avec les techniques de production des deux variétés
d’hydrogène (lourd et léger) par électrolyse de l’eau de mer et
fractionnement isotopique, de liquéfaction, de stockage, de transport,
d’utilisation dans de nouveaux moteurs d’invention locale pour
propulser de petites fusées expérimentales, de petits engins divers :
automobiles, avions, fût-ce au stade du modèle réduit d’abord.

Si l’Afrique sort des sentiers battus, grâce à une identification précoce
et saine de ses particularités énergétiques, elle pourra peut être demain
avec l’avènement de l’hydrogène comme vecteur d’énergie, jouer un
rôle analogue à celui des pays arabes ou pétroliers en matière de
production ou de fourniture d’énergie.

L’Afrique, à elle seule, pourrait fournir le deutérium nécessaire au
fonctionnement de tous les réacteurs thermonucléaires de la planète,
lorsque la fusion sera devenue opérationnelle. Mais dans ce dernier
cas, est-ce que l’exploitation d’une telle énergie sera interdite aux pays
en voie de développement. Je ne le crois pas, car si les études au
niveau des prototypes sont onéreuses, les modèles commercialisables
de réacteurs thermonucléaires avec une configuration Tokamak seront
vraisemblablement d’un prix abordable pour nos pays à condition
qu’au préalable, soient formées au niveau des départements de
physique des plasmas des universités africaines, des équipes capables
de prendre en charge de telles machines après un minimum
d’adaptation.

Autant je deviens réservé lorsqu’il s’agit du nucléaire même des
surrégénérateurs (ou breeders, piles couveuses)2 qui produisent plus
d’énergie qu’ils n’en consomment, autant je pense que le choix de

1
Note de l’éditeur : aujourd’hui : République démocratique du Congo (RDC).
2
Note de l’éditeur : ou réacteurs à neutrons rapides (RNR) ; en anglais Fast Breeder
Reactors (FBR).
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN
138
l’Afrique pour les réacteurs thermonucléaires de demain doit être
ferme dès à présent.

En effet, une centrale nucléaire n’est encombrante qu’une fois hors
d’usage ; les matériaux restent contaminés pour une durée géologique
de 24000 à 100000 ans et dans l’état actuel de la technique on ne
connaît aucun procédé satisfaisant pour se débarrasser de ces déchets.
C’est pour cela aussi que l’Afrique devra refuser que l’on vienne les
ensevelir dans son sol, moyennant quelque malheureux argent.

Par contre, la radioactivité induite des matériaux des futures centrales
thermonucléaires sera incomparablement plus réduite, et on pourra
s’ingénier à utiliser des matériaux ne donnant naissance qu’à des
éléments artificiels de courtes périodes en général.

Bien sûr, la pollution thermique subsiste, mais, est de beaucoup moins
grave.

Il suffirait de compléter ce bref tour d’horizon par la liste des
principales matières premières qui vont disparaître presque
complètement de la surface des continents dans deux générations
comme le cuivre, l’aluminium, etc., pour saisir de façon aiguë les
particularités de l’ère cosmique où nous sommes entrés sans le savoir
toujours. De petits pays qui ressemblent à des Koweïts africains seront
des caisses vides dans moins de cinquante ans. Seule une organisation
continentale, ou régionale réalisant l’intégration de nos économies à
une échelle suffisante, pourra les sauver de l’effacement.

Des organismes politiques coordinateurs sont nécessaires à l’échelle
continentale en vue de créer à temps des économies complémentaires
non concurrentes.

Il y a lieu aussi de dire un mot sur l’incidence des microprocesseurs,
de la robotisation de l’industrie et de l’informatisation de la vie sur
les formes classiques d’industrialisation : qu’est-ce qui va changer,
qu’est-ce qui subsistera ? Certes, l’information est équivalente à une
libération d’énergie. L’usage systématisé de l’informatique conduira à
une économie insoupçonnée de travail qui peut conduire à un nouveau
type de rapports sociaux et de civilisation.
LE PROBLÈME ÉNERGÉTIQUE AFRICAIN

139
La percée technologique des micro-processeurs appellera à l’existence
de nouvelles élites de technocrates qui pourraient ouvrir de nouvelles
perspectives aux petits pays en voie de développement, mais le
problème énergétique fondamental ne changera pas.

En attendant l’éclosion de cette grande ère de la faisabilité de la
réaction thermonucléaire, de l’opérationnalité des centrales solaires,
de l’avènement de l’hydrogène comme vecteur d’énergie, et du règne
de la télématique, en attendant cette grande ère et en s’y préparant
activement, il faut savoir faire flèche de tout bois, car aujourd’hui, les
problèmes de l’heure sont l’autosuffisance alimentaire, la santé.

Il est donc impérieux de former des techniciens pour la réalisation de
ces tâches ; donc des ingénieurs et techniciens qui maîtrisent la
construction des micro-centrales, des ingénieurs et techniciens bio-
énergétiques pour l’industrialisation rurale, les problèmes de santé
primaires, l’usage décentralisé du solaire et des éoliennes etc., etc.

Il doit être clair que le Sud ne recherche pas à se retrancher dans un
ghetto technique pour essayer de se suffire à lui-même, ce serait le
meilleur moyen de s’asphyxier.

Au contraire, il veut simplement dans une première phase par
l’analyse de ses particularités, identifier clairement ses besoins vitaux
et ensuite demander la solidarité agissante du Nord pour atteindre les
objectifs fixés et qui paraissent valables.

Cheikh Anta DIOP colloque d’Athènes Le 18/07/2009

Cheikh Anta DIOP colloque d’Athènes
Racisme, science et pseudo- science,

organisé par l’UNESCO. Il fait une communication intitulée « L’unité
d’origine de l’espèce humaine ». Il est signataire de l’Appel d’Athènes d’avril 1981.
Ce colloque a été consacré à un examen critique des différentes théories pseudo-
scientifiques invoquées pour justifier le racisme et la discrimination raciale.

L’UNESCO et la lutte contre le racisme, les signataires de l’Appel d’Athènes :
Les squelettes d’un enfant et d’une vieille femme de l’époque aurignacienne (il y a
35 000 - 40 000 ans) découverts dans la Grotte des Enfants en Ligurie italienne.
Connus sous la dénomination de négroïdes de Grimaldi, ils représentent les premières
populations d’ « hommes modernes » s’installant en Europe méridionale. Musée
d’Anthropologie préhistorique de Monaco.
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE
HUMAINE

Communication de Cheikh Anta DIOP au Colloque Racisme, science et
pseudo-science, réuni par l'UNESCO en vue de l'examen critique des
différentes théories pseudo-scientifiques invoquées pour justifier le racisme
et la discrimination raciale, tenu à Athènes du 30 mars au 1er avril 1981. Elle
a été publiée dans Racisme, science et pseudo-science, Collection Actuel -
UNESCO, 1982, pp. 137-141.

LES DONNÉES DE LA PRÉHISTOIRE

Au XIXe siècle, DARWIN pensait déjà que l'Afrique pouvait être le
berceau de l'humanité.

Cette hypothèse hardie est aujourd'hui largement confirmée par les
travaux de DART, de l'abbé BREUIL, d'ARAMBOURG, de TEILHARD de
CHARDIN et de L. S. B. LEAKEY surtout. H. V. VALLOIS a démontré le
caractère anti-scientifique de l'hypothèse, aujourd'hui périmée, du
polyphylétisme, qui voulait faire descendre les trois « races »
actuelles, blanche, noire et jaune, de trois familles de singes distinctes
(gorille, chimpanzé, orang-outang). Le but était manifeste pour les
savants « conservateurs ». II s'agissait de sauvegarder le postulat de la
hiérarchisation des races en partant de l'idée qu'il y avait trois origines
distinctes de l'humanité actuelle.

À l'heure présente, les spécialistes de la paléontologie humaine sont
répartis en deux écoles, défendant deux théories diamétralement
opposées sur l'origine de l'humanité, à savoir la théorie
monogénétique, et la théorie polygénétique de l'humanité.
Les deux écoles sont d'accord sur le fait que l'Afrique est très
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

12
probablement le berceau de l'humanité. Mais, pour les tenants de la
théorie polygénétique, l'Afrique reste le berceau de l'humanité
jusqu'au stade de l’Homo erectus seulement. Celui-ci, qui inclut
l'ancien pithécanthrope, sortit de l'Afrique il y a deux millions
d'années, pour aller peupler les autres continents. Les différentes races
seraient nées de son adaptation au paléo-environnement des régions
qu'il envahit alors. Mais, puisqu'il s'agit d'un stade très ancien et,
somme toute, très primitif de la formation du rameau humain, la
hiérarchisation des races resterait une possibilité physique
scientifiquement défendable, compte tenu de l'énorme distance qui
sépare Homo erectus et Homo sapiens sapiens, non pas seulement sur
le plan chronologique, mais sur celui de l'anthropologie physique. Le
but poursuivi est le même que celui des anciens protagonistes du
polyphylétisme mais avec des arguments scientifiques plus consistants
en apparence.

La théorie polygénétique est aussi celle du sens commun : il paraît, a
priori, plus vraisemblable qu'une race ait émergé au niveau de chaque
continent, a_ partir d'une souche primitive commune, et qu'une
évolution générale se soit dessinée vers le stade Homo sapiens
sapiens.
Mais, contre toute attente, cette hypothèse ne résiste pas à un examen
attentif des faits.

S'il en est ainsi on se demande pourquoi le continent américain, qui
connaît toutes les transitions climatiques, de la Terre de Feu à
l'Alaska, n'a pas donne_ naissance à un Homo sapiens sapiens indigène,
fossile. On peut rétorquer que c'est parce que ledit continent aurait été
épargné par la migration d'Homo erectus, qui, de ce fait, n'y a pas
évolué, sur place, pour donner naissance à une humanite_ comparable à
celle qu'on rencontre sur les autres continents au stade de l’Homo
sapiens sapiens. L'homme moderne serait entré en Amérique par le
détroit de Behring, il y a environ 10 000 ou 20 000 ans.

Mais les arguments décisifs qui s'opposent à l'acceptation de la thèse
polycentrique sont tirés de la chronologie absolue des faits.

En effet, toute idéologie mise à part, nous savons aujourd'hui que le
plus ancien Homo sapiens sapiens, daté par des méthodes
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

13
radioactives, est africain ; il s'agit, entre autres fossiles, des crânes de
Omo I et Omo II, découverts par Richard LEAKEY en 1967 ; une
datation à l'uranium/thorium de la couche inférieure du site donne
130 000 ans1.

Le premier Homo sapiens sapiens européen est un envahisseur, venu
probablement d'Afrique par l'Espagne, c'est le négroïde de Grimaldi,
dont l'industrie aurignacienne est datée de 32 000 ans av. J.-C.

Les savants sont conscients maintenant des graves incertitudes qui
entourent la découverte du fossile de Combe-Capelle en 1909, à une
époque où les méthodes actuelles de fouilles n’étaient pas au point.
Au surplus, l'inventeur de ce fossile, HAUSER, était un marchand
suisse antiquaire, pourvoyeur des musées européens et allemands en
particulier. On a même pensé que le spécimen pourrait être un faux et
la découverte du Néanderthalien de Saint-Césaire2 lui enlève
brusquement la paternité de l'industrie périgordienne qu'on voulait lui
attribuer.

Celle-ci est le fait des derniers Néanderthaliens qui vécurent, il y a
35 000 ans, et qui, de ce fait, furent momentanément contemporains
des premiers Homo sapiens sapiens européens de type grimaldien,
avant de disparaître définitivement. L'industrie périgordienne ou
castelperronien représenterait donc la phase ultime du Moustérien
européen et le Néanderthalien est également responsable de ces deux
industries. Cela s'accorde bien à l'extension très restreinte du
Périgordien, fait que nous avions déjà signalé dans des études3.

Dans ces conditions, la première industrie européenne due à un Homo
sapiens est bien celle de l'envahisseur grimaldien, venu d'Afrique.
C'est par attitude anti-scientifique et par pure idéologie qu'on a

1
Karl W. BUTZER et Leslie G. FREEMAN (dir. publ.), Prehistoric archaeology and
ecology series ; Yves COPPENS, F. Clark HOWELL, Glynn L. ISAAC et Richard E.
F. LEAKEY (dir. publ.), « Earliest man and environment in the Lake Rudolf Basin.
Stratigraphy, paleoecology and evolution », p. 19.
2
François LEVÊQUE et B. VANDERMEERSCH, « Le Néanderthalien de Saint-
Césaire », La Recherche (Paris), n° 119, février 1981, p. 242-244.
3
Cheikh Anta DIOP, «L'apparition de l’Homo sapiens », Bulletin de l'IFAN (Dakar),
série B, t. XXXII, n° 3, 1970, p. 623-641.
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

14
assimilé le Grimaldi au Cro-Magnon.

Le premier spécimen à morphologie spécifiquement caucasoïde
n'apparaîtra qu'au Solutréen, vers 20 000 ans av. J.-C., c'est-à-dire
20 000 ou 15 000 ans après l'arrivée du Grimaldien en Europe. II
semble bien que c'est au bout de cette longue période d'adaptation du
Grimaldien aux conditions spécifiques de la dernière glaciation
würmienne qu'apparaîtra le Cro-Magnon du Solutréen, avec sa
morphologie si typique, qu'on ne saurait en aucun cas confondre avec
celle du Grimaldien, à laquelle elle ne saurait être reliée que par une
longue chaîne de transformations et de mutations successives,
s'étendant sur 20 000 ans.

Le Grimaldien, ainsi que le montre l'extension de l'industrie
aurignacienne, a émigré aussi vers l'est, en Europe centrale, en
Crimée, dans le bassin du Don et probablement jusqu'au lac Baïkal,
comme l'a affirmé le professeur GUÉRASSIMOV.

Il écrit : « II est tout à fait clair que l'homme du Paléolithique
supérieur a pénétre_ en Europe sur le territoire de l'Europe
occidentale, possédant déjà diverses variantes de culture et de traits
spécifiques de l'Homo sapiens inférieur, et montrant plus ou moins
des traits équatoriaux. Ce complexe pseudo-négroïde se manifeste de
concert avec des traits spécifiques, non seulement d'ordre
physionomique mais aussi d'ordre constitutionnel. Ce complexe de
‘négroïdité’, bien qu'exprimé dans une autre forme, est surtout très
net sur les squelettes de Grimaldi. Ce complexe équatorial spécifique
s'exprime d'une manière particulièrement précise sur le squelette de la
‘Marquina Gora’, sur le Don. Le crâne de cet homme ne peut
pratiquement être distingué des crânes des Papous actuels ni par les
indices descriptifs ni par les données de mensuration.» 4

Le rameau paléo-sibérien, qui naîtra de ce complexe, n'est pas attesté
avant 20 000 ans av. J.-C.

Les Jaunes actuels, Chinois et Japonais, sont déjà très différents du

4
Communication de GUÉRASSIMOV, Colloque sur L'origine de l'homme moderne,
Paris, UNESCO, 1972.
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

15
Paléo-sibérien et n'apparaissent qu'au Néolithique.

La datation par la méthode du radiocarbone, pratiquée par les Chinois
eux-mêmes, a permis d'établir que l'homme de Ziyang, que les
estimations des savants faisaient remonter à 100 000 ans, date de
7 500 ±130 ans, soit 5 500 ans av. J.-C.

De même, l'homme de la grotte supérieure de Zhoukoudian, auquel les
spécialistes attribuaient également un âge de 100 000 ans, date de
18 865 ± 420 ans, soit 16 865 ans av. J.-C5.

Du reste, ces faits chronologiques sont en accord avec les données de
la biologie moléculaire.

D'après Jacques RUFFIÉ, citant Nei MASATOSHI et A. R.
ROYCOUDHURY, la séparation des groupes raciaux serait très
ancienne. Ces auteurs partent de plusieurs dizaines de marqueurs
sanguins pour étudier les différences génétiques inter- et intra-groupes
entre populations négroïdes, caucasoïdes et mongoloïdes : « Ils
définissent les coefficients de corrélation qui permettent de dater, de
façon au moins approximative, à quel moment ces groupes se sont
séparés les uns des autres. L'ensemble négroïde se serait autonomisé
il y a quelque 120 000 ans, alors que mongoloïdes et caucasoïdes se
seraient séparés il y a 55 000 ans seulement. » 6

Même si 55 000 ans nous paraissent un âge trop ancien pour la
formation des rameaux caucasoïdes et mongoloïdes, compte tenu des
données préhistoriques, 120 000 ans est un âge qui s'accorde bien avec
l'apparition des premiers Homo sapiens sapiens africains dans la
vallée de l'Omo et au Kanjera, comme on l'a vu ci-dessus. C'est à
dessein que nous avons laissé de côté la thèse des pré-sapiens de
COON selon laquelle la transformation erectus-sapiens se serait
effectuée en Europe, il y a environ 200 000 ans, et aussi toutes les
autres théories qui s'appuient sur cette dernière pour tenter de

5
Archeologia (Paris), n° 123, octobre 1978, p. 14. Voir aussi : Kia Lam-Po, La
caverne de l'homme de Pékin, 1re éd., p. 2, République populaire de Chine, 1978.
6
Jacques RUFFIÉ, De la biologie à la culture, p. 298, Paris, Flammarion, 1976.

UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

16
démontrer la hiérarchisation des races : en effet leur critique
approfondie dépasserait le cadre de cette communication. Disons
seulement qu'elles sont toutes contradictoires et fragiles, sinon
inconsistantes, quand on les examine de près7. Elles recourent parfois
à la falsification. La pièce maîtresse de cette théorie, le crâne fossile
de Piltdown, est un faux fabriqué de toutes pièces par le géologue
britannique Charles DAWSON et étudié principalement par SMITH
WOODWARD, Elliot SMITH, KEITH, etc.

Depuis que OAKLEY, un autre savant britannique de bonne foi, en a
démontre_ la fausseté, en 1954, par le dosage du fluor accumulé dans la
mâchoire simiesque et dans la partie supérieure du crâne d'allure
moderne, la théorie des pré-sapiens s'est écroulée comme un château
de cartes.

Donc, c'est l'origine monogénétique de l'humanité qui semble être
confirmée chaque jour davantage par les faits recensés objectivement,
sans préoccupation idéologique, bien que cette théorie soit à l'opposé
du sens commun.

L'Afrique serait le berceau de l'humanité non pas seulement au stade
de l’Homo erectus, mais aussi à celui de l’Homo sapiens sapiens.


CONCLUSION

L'origine de l'humanité est selon toute probabilité monogénétique.

L'adaptation de l’Homo sapiens sapiens africain aux différents paléo-
environnements a, entre autres changements, modifié l'apparence de la
population humaine selon les continents et fixé l'aspect extérieur des
races telles qu'elles existent aujourd'hui.

Il existe d'autres formes d'adaptation, comme le remarque le
professeur RUFFIÉ :
« Par exemple, le chromosome r est présent surtout chez les Blancs et
culmine chez les Basques, R0 est observé partout, mais avec des

7
Cheikh Anta DIOP, Civilisation ou barbarie, Paris, Présence africaine, 1981.
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

17
fréquences particulièrement élevées dans les populations noires au
sud du Sahara, etc. Ces systèmes ont dû se former lors de
l'hominisation et leur polymorphisme a dû s'instaurer alors que
l'humanité commençait à éclater en plusieurs groupes géographiques.
» Une troisième catégorie accuse une répartition ‘raciale’ bien plus
stricte : le facteur Diego (a) (Dia) n'est rencontré que chez certains
groupes d'Amérindiens, et avec une fréquence moindre en Extrême-
0rient; les facteurs Sutter, Henshaw sont presque uniquement
repérables chez les Noirs ; le facteur Kell est surtout observé chez les
Blancs, etc. On leur a donné le terme d'ailleurs impropre de
‘marqueurs raciaux’. Leur apparition doit remonter à l'époque où
l'humanité, répartie en groupes numériquement faibles et vivant dans
des écologies différentes a subi un début de raciation8.»

Toute l'espèce Homo sapiens possède le même type de cerveau
antérieur : c'est le lobe du cerveau antérieur qui distingue l'homme
moderne du Néanderthal. Des différences de ce genre ne peuvent pas
exister à l'intérieur de la sous-espèce Homo sapiens sapiens. Cela dit,
nous savons que le polymorphisme est de règle partout et, en
transformant les races en populations composées d'autant d'individus
distincts, il a multiplié à l'infini les possibilités d'adaptation de l'espèce
et décuplé ses chances de survie. II n'existe pas deux cerveaux
humains identiques ni même deux individus identiques sur Terre et
tant mieux pour l'espèce disent les biologistes. Mais aucune de ces
différences ne saurait conduire à une hiérarchisation raciale : les
Jaunes passent pour avoir un volume cérébral moindre que celui des
Caucasoïdes mais le programme industriel actuel de l'Europe consiste
à vouloir rattraper les Japonais !

Le climat, par la création de l'apparence physique des races, a tracé
des frontières ethniques qui tombent sous le sens, frappent
l'imagination et déterminent les comportements instinctifs qui ont fait
tant de mal dans l'histoire. Tous les peuples qui ont disparu dans
l'histoire, de l'Antiquité à nos jours, ont éte_ condamnés, non par une
quelconque infériorité originelle, mais par leurs apparences physiques,
leurs différences culturelles.
C'est au niveau du phénotype, c'est-à-dire des apparences physiques

8
J. RUFFIÉ, op. cit., p. 393.
UNITÉ D’ORIGINE DE L’ESPÈCE HUMAINE

18
que la notion de race intervient dans l'histoire et dans les relations
sociales : peu importe qu'un Zoulou soit, au niveau de son stock
génétique, plus proche de VORSTER9 qu'un Suédois, dès l'instant qu'il
a la peau noire.

Donc, le problème est de rééduquer notre perception de l'être humain,
pour qu'elle se détache de l'apparence raciale et se polarise sur
l'humain débarrasse_ de toutes coordonnées ethniques.

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