MONARCHISME EGYPTIEN AME COPTE

 

UNIVERSITE DE LIMOGES 

Faculté des Lettres et des Sciences Humaines 

 

Thèse pour le grade de Docteur 

Le Monachisme Egyptien 

révélateur de l’âme copte 

 

Présentée et soutenue par le père : 

Nagi Athanasios HENEIN 

Sous la direction de : 

M. Jean-Pierre LEVET 

M. Ashraf Alexandre SADEK 

 Limoges 2008

 

Introduction 

Si, dès ses origines, l’ascétisme inspire la conduite de nombreux 

chrétiens, le monachisme, qui est une manière de vivre cet ascétisme, ne 

prend son essor qu’à partir de la seconde moitié du IIIe siècle jusqu’à 

devenir, dans le courant du 1Ve, une institution du christianisme. La 

création de la culture monastique copte, correspondant à l’épanouissement 

du mouvement monastique au sein de la vallée du Nil entre le troisième 

et le cinquième siècle de notre ère, est un phénomène complexe et son 

originalité dans le monde de l’Antiquité tardive a amené tout un ensemble 

de considérations sur les survivances possibles et probables de l’ancienne 

Egypte au sein de cette société des moines coptes1. Cette réflexion fut 

largement inspirée par la coexistence souvent difficile jusqu’au V1e 

siècle d’éléments païens et chrétiens, marquée par des luttes très bien 

mises en valeur par R. Remondon dans son étude intitulée « l’Egypte et la 

suprême résistance au christianisme »2. Olivier Brandly dans son mémoire 

intitulé « Survivances Egyptiennes dans la Littérature Homilétique 

1  Cf. J. Doresse, Des hiéroglyphes à la croix. Ce que le passé pharaonique a légué au 

christianisme, Istamboul, 1, 1960 ; pp.22 sq. Ashraf Sadek, « La religion de l’ancienne Egypte a préparé 

la voie du Christianisme » Le Monde Copte, No 9, Limoges, 1980, pp.15-20 (avec une bibliographie sur 

le sujet). Voir aussi Lucien Regnault, La vie quotidienne des Pères du désert en Egypte au IV e siècle, 

Paris, Hachette, 1990 ; pp. 15-25. Pour l’histoire du monachisme, voir P. De Labriolle, « les débuts du 

monachisme » : A. Fliche et Martin, Histoire de l’Eglise III, Paris, 1936, 290-369. Voir aussi l’article de 

Serge Sauneron, «Survivances», Dictionnaire de la civilisation égyptienne, p. 276-278. 

2  R.Rémondon, «L’Egypte et la suprême résistance au christianisme», BIFAO 51 (1952), 

pp. 63-78. voir également J. Maspero «Horapollon et la fin du paganisme égyptien», BIFAO 11 (1914) pp. 

184 sq. Les croyances de l’Egypte ancienne étaient omniprésentes en Egypte chrétienne. La preuve en est 

le « Contre Celse ». Cet Ouvrage a circulé pendant deux cents ans sans réponse, jusqu’à Origène. Voir 

Michel Fédou, Christianisme et Religions païennes , le Contre Celse d’Origène, théologique Historique 

811988, Beauchesne,Paris, p.40. Il faut noter que la lutte de l’apologie chrétienne a été forte contre 

l’existence du paganisme jusqu’ au Ve siècle de notre ère. Il est étonnant qu’en cette première moitié du 

Ve siècle, à une époque où le christianisme semble l’avoir emporté (l’empereur est chrétien, de nombreux 

hauts fonctionnaires le sont également), Cyrille d’Alexandrie éprouve le besoin de répondre à Julien, mort 

près de 70 ans auparavant. Il faut en conclure que le paganisme est loin d’être mort, même à Alexandrie, 

et que la mémoire de Julien n’est pas éteinte. Pour la pensée et l’argumentation de Julien et les réponses 

de Cyrille d’Alexandrie, voir Cyrille d’Alexandrie Contre Julien, Sources Chrétiennes, No,322, Cerf, 

Paris, 1985, pp.9-26.

IntroductIon 

copte ; Analyse Thématique » souligne que « l’effort de conservation 

de la pensée religieuse de l’Egypte ancienne par les Ptolémées a permis, 

en retour, une certaine continuité de la sensibilité religieuse au sein du 

christianisme lui-même, laquelle est particulièrement remarquable au 

IVe siècle dans la création du mouvement monastique égyptien »3. Pierre 

du Bourguet a posé la question des liens entre la religion de l’ancienne 

Egypte et le mouvement monastique chrétien d’une façon plus réaliste4. 

Ces liens entre l’Egypte ancienne et le monachisme sont des « pierres 

d’attente dans l’Egypte antique pour le monachisme chrétien » 

L’objet de ce travail est d’interroger ces pierres d’attente et de suivre 

ce phénomène qui a bouleversé la vie des Egyptiens d’une part, et qui, 

d’autre part, a donné la chance à ce peuple opprimé par les colonisateurs 

romains et byzantins de faire ressortir sa culture profonde pour en faire 

une culture spirituelle et une spiritualité cultivée dans un sens pratique 

3  Olivier Brandly, « Survivances égyptiennes dans la littérature homélitique copte, 

analyse thématique », Mémoire de Maîtrise, Université de Paris Sorbonne, Paris, 1993, p.2.-3 «Aussi 

n’est-il pas étonnant qu’au VIe siècle, une partie de l’Egypte, surtout celle des campagnes, soit demeurée 

fidèle aux vieilles croyances de l’époque pharaonique». Voir aussi, E. Drioton « Paganisme égyptien 

et Monachisme » extrait de la revue des Conférences françaises en Orient, Le Caire, 1948, p. 4 «Le 

paganisme égyptien qui existait encore en Egypte n’avait presque plus rien de commun avec celui que 

les égyptologues retrouvent en étudiant les monuments (.....) Celui-ci était mort depuis longtemps, et un 

paganisme de caractère différent, une sorte de «sous-produit», avait remplacé pour les foules égyptiennes, 

l’ancienne religion de l’époque pharaonique». Voir aussi H. Munier « Le Christianisme à Philae » Bulletin 

de la Société d’Archéologie Copte, 4, 1938, p.41. 

4  P. du Bourguet, « Pierre d’attente dans l’Egypte antique pour le monachisme chrétien », 

Mélanges Antoine Guillaumont, Génève, 1988, pp.42-43. André Piganiol, dans L’Empire Chrétien, 

souligne le rôle de Jésus et du climat de l’Egypte dans l’épanouissement du monachisme « Il n’est 

pas besoin de sortir du christianisme pour trouver la source de l’ascétisme : Jésus est un pauvre errant 

et recommande la rupture des liens de famille ; Mais comment expliquer la grande extension de ce 

phénomène au Bas-Empire ? Il nous paraît qu’il est nécessaire de recourir à des causes sociales plutôt 

que religieuses. Le moine errant fait penser au cynique, l’homme à la besace, insurgé contre la société. 

Il s’agit d’une protestation des individus écrasés par des institutions inhumaines ; ceux qui prennent le 

désert sont des réfractaires sociaux. Le mot même d _____________ était le terme dont on désignait, dans 

l’Egypte de Haut Empire, la grève des paysans quittant leur village pour échapper à l’impôt. Cette forme 

de grève n’est possible que dans les pays où le climat permet à l’homme isolé de vivre de peu. Si nous 

considérons le milieu social d’où proviennent les moines que peignent Palladios ou Rufin, nous voyons 

que ce sont, pour la très grande majorité, de pauvres gens ignares, ou des esclaves, ou bien encore de 

mauvaises têtes» p.414-420. 

IntroductIon 

et non pas dans des spéculations abstraites et gratuites. Un intellectuel 

français a fait appel, récemment, aux Français pour « rompre d’abord 

avec la culture de l’abstraction »5. Cette expression s’implique bien à 

ce qu’ont fait ces moines égyptiens : ils ont rompu avec la culture de 

l’abstraction philosophique de leur époque. Ils ont inventé une sorte de 

« vraie philosophie ________ __________ » du désert. Ils ont donné du 

sang pour prendre de l’Esprit, selon l’un des apophtegmes des Pères 

du désert égyptien6. Le monachisme égyptien, dans ses motivations, 

n’a pas d’autre fondement que l’autorité de Jésus-Christ, et, dans ses 

débuts anarchiques, n’a pas d’autre projet qu’une forme de vie conforme 

– autant qu’il est possible – à l’idéal tracé par Jésus-Christ. Il nous faut 

l’étudier en premier lieu, si nous voulons comprendre, entre autres, le 

monachisme occidental, car il est le premier chaînon qui relie celui-ci 

aux communautés chrétiennes primitives7. 

Les moines d’Egypte avaient toujours présents dans leur esprit la 

Bible, d’une part, et, d’autre part, leur culture, le message chrétien et la 

tradition millénaire de la sagesse des anciens Egyptiens. Ils ont réussi à 

faire vivre la Bible dans le désert profond de leur pays unie avec toute 

la tradition et les concepts de ce lieu qui ont régné en Egypte à travers 

5  André Bareau, « Rompre d’abord avec la culture de l’abstraction », Le Figaro, mardi 10 

Juillet 2007, p.16. 

6  J.P.Guy, Les apophtegmes des pères, Collection Systématique, Editions du Cerf, Paris, 

1993 (Un vieillard dit : «Appliquez-vous au salut de votre âme, frères, car le jour du jugement est redoutable 

et amer. Donnez l’âme et recevez l’esprit c’est-à-dire l’Esprit Saint, _____ ____ ______ ____ _______ π______, 

_____’ _____ ___ ______». p.180-181. 

7  Ivan Gorby, Les Moines en Occident, Tome 1, De saint Antoine à saint Basile, Les 

origines orientales, Fayard, 1985, pp.21-22. « Le monachisme oriental dans ses motivations n’a pas 

d’autre fondement que l’autorité de Jésus-Christ, et, dans ses débuts anarchiques, n’a pas d’autre projet 

qu’une forme de vie conforme -autant qu’il est possible- à l’idéal tracé par Jésus-Christ », p.21. Pour le 

commencement et les débuts du monachisme, voir aussi, J. Quasten, « Les Fondateurs du Monachisme 

Egyptien », dans «Initiation aux Pères de l’Eglise», Paris, 1962, tome III, p. 215- 275. 

IntroductIon 

la longue et riche histoire du pays8. Ashraf Sadek a montré cet élément 

commun entre la tradition de l’Égypte antique et le monachisme naissant 

qu’est la spiritualité du désert dans son étude intitulée «Du Désert des 

Pharaons au désert des Anachorètes»9. Les moines Coptes ont essayé 

d’implanter le christianisme, plus au moins hellénisé, dans l’infrastructure 

religieuse, sociale et culturelle de l’Egypte pharaonique. Ils ont établi 

une relation très intime avec les hommes et femmes de Dieu présents 

dans la Bible. Ils ont tout fait pour être hospitaliers comme Abraham, 

doux comme Moise, saints comme Aaron, patients comme Job, solitaires 

comme Jean, endeuillés comme Jérémie, docteurs comme Paul, croyants 

comme Pierre, sages comme Salomon, et, comme le larron, ils avaient 

humblement confiance que le Seigneur leur donnerait aussi le Royaume10. 

Cette spiritualité, tout a fait biblique, a été vécue par les Egyptiens dans 

leur tradition locale, c’est-à-dire dans le désert si proche des tombeaux 

et autour du Nil qui représentent les symboles éternels de la civilisation 

égyptienne11. 

8  Antoine Guillamont, «La conception du désert chez les moines d’Egypte», Les Mystiques 

du désert -Session de l’Association des Amis de Sémanque, 1979, pp.25-38. « La première réaction 

de l’Egyptien face au désert fut, semble-t-il, un sentiment de crainte et ceci, loin de s’arrêter avec le 

christianisme, a survécu vraisemblablement chez les Coptes. Le désert reste tel qu’il a été, c’est-à-dire 

la région des tombeaux, le domaine de la mort et des démons » écrit L.Keimer, dans «L’horreur des 

Egyptiens pour les démons du désert» ; Bulletin de l’Institut d’Egypte, 26, 1941, pp.135-147. Voir aussi 

Lucien Regnault, La Vie quotidienne des Pères du désert en Egypte au IV Siècle, Hachette, Paris, 199O, 

spécialement le chapitre intitulé « Au coeur du désert », pp.15-24. Voir aussi Michel Pezin, « Les déserts 

égyptiens », Le Monde Copte, No 1 1977, pp.36-38. Sur le point de vue des savants coptes concernant 

les origines proprement égyptiennes du monachisme, voir Encyclopédie de la tradition copte (en arabe), 

volume I, Le Caire, 2004, pp.94-104. 

9  A.Sadek, « Du désert des Pharaons au désert des Anachorètes », dans Le Monde Copte, 

N° 21-22, Limoges, 1993, pp.5-14. Voir aussi, «La religion de l’ancienne Egypte a préparé la voie du 

Christianisme», Le Monde Copte, N° 9, Limoges, 1998, pp. 15-20. 

10  Jean Le Perse. Apophtegme 4, P G 65. 237 D –240 A 

11  Palladios, Les Moines du Désert, Histoire Lousiaque, Desclée de Brouwer, Collection 

«Les pères dans la foi», Paris, 1981, pp.11-22.. Voir aussi Lucien Regnault, La vie quatriennale des pères 

du désert en Egypte au IVe siècle, Hachette, Paris, 1990, pp.15-24. ; Christine Chaillot, « Ermites Coptes 

D’hier, D’aujourd’hui et De Demain : Archéologie et Spiritualité », le Monde Copte, N° 21-22, 1993, 

pp.149—156. Pour la place du Nil dans la vie quotidienne des anciens égyptiens, voir Mario Meunier, 

IntroductIon 

10 

L’ambition de ce travail est de découvrir comment les moines de 

ce pays ont réussi à vivre le message de l’Évangile dans leur culture 

locale dite païenne ; comment Antoine l’Egyptien a réussi à faire 

parler la tombe de l’Egypte antique et à révéler ses mystères humains ; 

comment la religion de l’Egypte ancienne, terrain sur lequel a poussé 

toute la civilisation de ce pays façonnée dès sa naissance par la pensée 

religieuse, a, maintenant son empreinte durant des millénaires, influencé 

le christianisme local ; comment la pensée millénaire des Egyptiens qui 

s’est manifestée dans l’art, l’écriture, la littérature, le théâtre, la médecine, 

la politique, le droit, la religion comme fondement et comme source12, 

a pu influencer le comportement des premiers chrétiens égyptiens. Il ne 

faut pas penser que la religion de l’Egypte ancienne, qui avait une place 

primordiale dans les âmes des Egyptiens, a facilement cédé sa place au 

christianisme. Les savants ont déjà parlé de la suprême résistance de 

la religion de l’Egypte ancienne au christianisme naissant13. Comment 

et pourquoi les Egyptiens ont quitté la Vallée du Nil « Kimi Kimi la 

terre noire » qui selon, leur très ancienne tradition, représentant aussi la 

Plutarque, Isis et Osiris, traduction nouvelle avec Avant propos et notes, Editions de la Maisnie, Paris, 

1987, pp.125-140. 

12  Dictionnaire des Religions, Presses Universitaires de France, 1984, p. 503-512 : « La 

religion est le terrain sur lequel a poussé toute la civilisation égyptienne », p.503. 

13  Rémond Richard, La suprême résistance de la Religion de l’Egypte Ancienne au 

Christianisme. Paul Burguière et Pierre Evieux, dans leur introduction à l’oeuvre de Cyrille d’Alexandrie 

«Contre Julien», écrivent par rapport aux survivances païennes au début du Ve siècle de notre ère : « 

Mais il nous chercher à comprendre pourquoi Cyrille a tenu à réfuter dans le « Contre Julien » l’empereur 

Julien. Plus de soixante dix ans se sont écoulés depuis la disparition de celui que certains ont appelé 

l’empereur philosophe, et d’autres l’Apostat. Et pourtant sa pensée, ses écrits sont si peu oubliés que 

l’évêque d’Alexandrie trouve nécessaire de s’en prendre à eux comme à quelque chose d’immédiatement 

redoutable. Cette influence durable s’exerce-t-elle seulement à Alexandrie ? Il ne semble pas, puisque 

Cyrille tient à faire lire son ouvrage à Jean d’Antioche et aux maîtres de l’Eglise d’Orient. Le danger 

apparaît donc comme général. Il faut le dire exactement : le paganisme est loin d’être mort. Les faits, 

d’ailleurs, le prouvent amplement. Le Serapion a été détruit en 391, mais l’événement est si considérable 

que tout le monde en parle et qu’il a la valeur d’un acte provocateur. Il signifie le triomphe public 

du christianisme, mais le terme même de victoire manifeste bien qu’il y a encore affrontement entre 

paganisme et christianisme», Sources Chrétiennes, No 322, Cerf, Paris, 1985, pp. 15-16. Le tableau des 

survivances païennes au début du Ve siècle a été bien fait par P. Canivet, dans son ouvrage Histoire d’une 

entreprise apologétique au Ve siècle, Paris, 1958.

IntroductIon 

11 

zone de la nourriture écartait la menace de la famine, pour aller vivre au 

désert. Celui-ci, chez les anciens Egyptiens est écrit : 

Ce mot écrit en signes hiéroglyphiques désigne un pays de collines, 

un pays étranger ou le désert14 qui, dans la tradition, représente la zone 

dépourvue de nourriture humaine nommée l’espace non humain15. Selon 

Peter Brown, le désert est devenu pour les ascètes coptes le lieu de 

jouissance, en avant goût, du paradis perdu, retrouvé après avoir réussi 

à surmonter les périls redoutables impliqués par le maintien de leur 

humanité dans un environnement non humain. Les hommes du désert, 

pensait-on, pouvaient retrouver, dans le silence pesant de ce paysage de 

mort, un peu de la gloire inimaginable de la condition originelle d’Adam, 

d’où l’importance du jeûne dans le monde des Pères du désert. Selon 

une croyance largement répandue, en Egypte, comme ailleurs, le péché 

originel d’Adam et d’Eve n’avait pas été l’acte sexuel, mais plutôt la 

gourmandise16. 

14  Voir Ashraf A. Sadek, Dictionnaire Hiéroglyphes–Français, Préface de Kenneth A 

Kitchen, Editions Le Monde Copte, « Hors Série », Limoges, 2006, p. 329. 

15  Pour la place du désert dans la vie des Egyptiens, voir Ashraf Sadek, « Du désert des 

pharaons au désert des Anachorètes », Le Monde Copte, N° 21-22, 1993, pp. 5-14. Desprez Vincent, « Le 

monachisme primitif, des origines jusqu’au Concile d’Ephèse », Spiritualité Orientale, N° 72, Abbaye de 

Bellefontaine, 1988, p.270. Voir aussi I. Keimer, «L’Horreur des Egyptiens pour les Démons du Désert», 

Bulletin de l’Institut d’Egypte, 1944, XXVI, p. 135—147. 

16  Peter Brown, Le Renoncement à la Chair, Gallimard, Paris, 1995, pp. 265-290. Voir 

aussi «Le Régime Alimentaire des moines Égyptiens», dans La vie quotidienne des pères du désert en 

Egypte au 1Ve siècle, Hachette, Paris, 199O, pp.75-94. Pour la conception du péché originel dans la 

pensée orthodoxe, voir Boris Bobrinskoy «The Adamic Heritage According to Fr. John Meyendorff», St. 

Vladimir’s Theological Quarterly, New York, 1998, volume I, Number 1, pp.33-44.

IntroductIon 

12 

Qu’est ce que c’est L’âme Copte17 

L’âme d’un peuple est l’identité profonde de ce peuple. De toute 

antiquité, l’âme égyptienne a été regardée comme l’âme la plus attachée 

à la terre d’une part et aux phénomènes merveilleux d’autre part. Le 

climat et la géographie du pays du Nil ont joué un rôle important dans 

la formation de l’âme égyptienne, c’est-à-dire de l’homme égyptien. Le  

père de l’histoire, Hérodote a déjà signalé les traits caractéristiques de 

la personnalité égyptienne .Dans son ouvrage sur l’Egypte « Histoires 

Livre 11 », il décrit l’Egypte comme le pays  qui, entre toutes les régions 

de la terre, la plus riche en merveilles. La température toujours uniforme 

de l’Egypte y fait des esprits solides et constants. Hérodote notait déjà 

que « Les Egyptiens sont, après les Libyens, les hommes les plus sains 

du monde », ce qui doit s’entendre aussi bien de l’équilibre psychique 

que de la sante physique. 

Un autre trait caractéristique de l’âme copte est le fait qu’elle est 

douée d’une mémoire extraordinaire, les Egyptiens pouvaient amasser 

et garder soigneusement tous l’acquis de leurs connaissances et de leurs 

expériences. Cette faculté de recueillir, de garder et de transmettre à leurs 

descendants les traditions reçues de leurs ancêtres était particulièrement  

remarquable chez eux, Hérodote l’avait remarqué, et c’est sans doute à 

elle en grande partie que nous devons la transmission des apophtegmes 

des Pères.  « Lucien Regnault, La vie Quotidienne des Pères du Désert 

en Egypte au 1Ve siècle, Hachette, Paris, 1990pp.25-30 ». 

17  Pour une étude approfondie du sens et de l’étymologie du terme « âme », voir Paul 

Imbus «Ame» notes de vocabulaire, dans COMMUNIO XII, 3 –mai-juin 1997, pp.48-59. Pour le sens 

théologique du terme, voir Dictionnaire Critique de Théologie, article « âme cœur corps », pp.24-32. 

L’âme humaine est une question qui se pose à la philosophie, voir Jean Daujat, Y a –t-il une vérité ? Les 

grandes réponses de la philosophie, Tequi, Paris, 2004, en particulier le chapitre intitulé «l’âme humaine», 

pp.393-432. « C’est en Egypte que l’idée de l’immortalité de l’âme est apparue pour la première fois» 

souligne, par ailleurs, Jan Assmann, voir Le Monde des Livres, 9 mai 2008, p.7.

IntroductIon 

13 

Les égyptiens et par conséquents leurs descendants les Coptes, 

vivent sous un climat  singulier, au bord d’un fleuve offrant un caractère 

différent de celui des autres fleuves, ont adopté aussi presque en toutes 

choses des mœurs et des coutumes totalement distingués des autres peuples 

.Ils sont, toujours selon Hérodote, les plus scrupuleusement religieux de 

tous les hommes .L’âme Copte est l’héritière de cette héritage culturelle  

de l’Egypte pharaonique. En  embrassant le message Chrétien les Coptes 

n’ont rien laissé derrière de ce bagage égyptien... 

L’extrême intimité avec le divin caractérise l’âme des coptes et 

naturellement la littérature copte .Cette âme intérieure des  peuple égyptien 

est  connue par son désire d’observer les coutumes et les traditions des 

ancêtres sans oser ajouter point de novelles. Cette âme copte a aussi 

donnée aux Grecs et par conséquent à la culture occidentale la façon 

de célébrer les grandes fêtes religieuses qui étaient en même temps des 

fêtes nationales, comme en Grèce aujourd’hui. 

Le climat et la géographie du pays a donné aux égyptiens et aux 

coptes le gomut de la vie, le savoir vivre, c’est à dire l’optimisme et les 

sens de l’humour .Les moines coptes, selon notre avis, représentent cette 

âme égyptienne dans  son engagement chrétien. Ils ont fondé, ce que 

J. Leclerq appelle l’ascèse de l’humoure  « Actualité de l’humour, VS 

1969, pp.270-271 ». Le rire pour les égyptiens est la plus vivante, la plus 

irrésistible, la plus exigente forme du renoncement de soi. Le copte ne se 

décourage jamais / Il accepte la vie telle qu’elle vient : ce qui est, pour 

les moines coptes, l’attitude religieuse par excellence .Derrière cet esprit 

optimiste se trouve une croyance sans faille que Dieu se joue a créer 

les merveilles de l’univers, à tirer des prodiges de nos actions les plus 

basses, à bouleverser nos plans les plus élaborés et à nous surprendre par 

des délicatesses inouïes

IntroductIon 

14 

.Les vies des moines coptes et les apophtegmes abondent des 

anecdotes qui montrent bien les caractéristiques optimistes de l’âme 

copte. Melaner le plus sérieux avec le plus humoristique est l’un des 

traits de l’âme copte. L’abbé Jean Colobos était assis devant l’église ; les 

frères l’entourèrent et chacun lui posait des questions sur ses pensées. A  

ette vue, un ancien lui dit par jalousie : « Qbbé Jean, ton vase est rempli 

de poison.-C’est vrai, père, répondit-il ; tu dis cela, et tu ne vois que 

l’extérieur ; mais si tu voyais l’intérieur, que dirais-tu ?  « P.G.65-205». 

Le désert a joué  un rôle capital dans la vie des anciens égyptiens. Il 

continue à jouer ce rôle dans la vie des moines coptes. Les rapports entre 

les coptes et le désert représente l’un des caractéristique de l’âme copte 

.La sortie de l’Egypte devient dans la littérature monastique le point de 

référence pour la vie des moines .Elle se réfère à un appel de Dieu qui 

invite à ce geste de foi et de confiance comme à une préparation spirituelle 

en vue d’accueillir les dons divins. Abraham doit quitter son pays, les 

Hébreux sortir d’Egypte pour se rendre au désert. Le copte cherche 

toujours l’hésuchia de l’âme dans le désert des moines .Pour le moine 

copte, comme pour tous les Coptes, qui ont tant souffert de la vie dans 

ce monde, la solitude est un paradis. L’Egypte dans le langage Biblique 

est le symbole de la terre d’esclavageet la fuite au désert est la solution. 

Les Coptes  d’aujourd’hui ne voient pas dans cette esclavage seulement 

un symbole, mais une réalité au quotidien. La sortie de l’Égypte, pour 

ceux qui peuvent  et qui ont les moyens est le paradis regained .le salut 

de l’Égypte ne viendra jamais de l’intérieure, mais de l’extermieure Cela 

représente  une tendance très ancienne chez les égyptiens, à  savoir, de 

fuir les villes pour se refuger au désert. Ils étaient en train de fuir les 

persécutions et les impôts.

IntroductIon 

15 

Un témoignage d’aujourd’hui : 

« En dépit des conquêtes, des mélanges, des mouvements de 

population la « race » égyptienne actuelle est l’incontestable descendante 

des anciens Egyptiens » constate l’égyptologue Serge Sauneron18. L’âme 

Egyptienne est, selon Hérodote, la plus scrupuleusement religieuse 

parmi celles de tous les hommes : « __________ __ π________ _______ 

________ π______ ______π__ ________ _________ _________ »19. Malgré leur 

attachement à la tradition et aux coutumes de leurs ancêtres, les Coptes, 

comme dans beaucoup d’autres cas, n’ont retenu aucun mot de la langue 

égyptienne ancienne servant à désigner l’âme, mais ils ont choisi un 

terme grec « _____ psyché ». Les Egyptiens anciens parlaient de ba, de 

ka, et d’akh20. 

18  Voir dans le Dictionnaire de la civilisation Egyptienne, p.276. : « Pour se représenter 

les anciens Egyptiens en chair et en os, il n’est alors que de regarder les Egyptiens modernes », p.243. 

Voir aussi S.H.Leader, Modern sons of the Pharaohs, a study of the Mannes and customs of the Copts 

of Egypt, London, 19I8. Voir aussi I.Habiba El-Masri, the Story of the Copts, the Middle East Council 

of Churches, Cairo, 1978 ; saint Sylvestre Chauleur, Histoire des Coptes d’Egypte, Paris, 1960. ; E. 

Wakin, a lonely Minority, The modern Story of Egypt Copts, New -York, 1963. Bishop Athanasios, «The 

Copts through the Ages», State Information Office, Cairo (IL n’y a pas de date). Les chercheurs ont 

commencé à replacer le christianisme copte dans son contexte des civilisations de la Méditerranée, voir 

Gawdat Gabra, Christianity in the 1st Century, 11- “The Context of The Mediterranean Civilisations : 

Coptic Civilisation”, Christianity a History in the Middle East, Middle East Council of Churches, Beirut, 

Lebanon, 2005, pp.67-72 (comportant une bibliographie). 

19  Hérodote, Histoires, 11, p. 91. 

20  Ashraf A. Sadek, Dictionnaire Hiéroglyphes – Français, Editions Le Monde Copte 

(Hors série), Limoges 2006, p.135 et p.501.

IntroductIon 

16 

Le ka, manifestation des énergies vitales, est la partie divine de 

l’homme ; grâce au ka l’homme subsistera21. Le ba, principe spirituel 

et siège des sentiments, est le commandeur des actes. Akh constitue une 

puissance invisible, principe d’immortalité.22 Devenus chrétiens, les 

Egyptiens, les Coptes, empruntent le mot grec (_____), ce qui montre 

que les Egyptiens étaient ouverts aux autres civilisations malgré la fierté 

qu’ils pouvaient manifester, eu égard à leur passé pharaonique. Albert 

Camus a souligné un jour sa conception du témoignage que les chrétiens 

doivent donner au monde d’aujourd’hui et en même temps sur ce que 

ce monde attend des chrétiens aujourd’hui : « Ce que le monde attend 

des chrétiens est que les chrétiens parlent à voix haute et claire, et qu’ils 

portent leur condamnation de telle façon que jamais le doute, jamais un 

seul doute, ne puisse se lever dans le cœur de l’homme le plus simple, 

c’est qu’ils sortent de l’abstraction et qu’ils se mettent en face de la 

figure ensanglantée qu’a prise l’histoire d’aujourd’hui »23. Les Coptes 

21  Serge Sauneron, «Ka» dans le Dictionnaire de la Civilisation Egyptienne, p.143. La 

civilisation égyptienne a influencé les civilisations de l’Afrique noire (Sur le plan individuel, il est fait 

grand usage du terme de « ka » à propos des morts : «passer à son ka» veut dire «mourir»,et les statues 

du défunt qu’on enferme dans les tombeaux sont «des statues de ka» ; les formules funéraires s’adressent 

«au ka du défunt un tel» et, même de son vivant, un Egyptien peut voir «son ka accru par le roi». Le « ka » 

est comparable dans sa nature à la « force vitale» qui joue un si grand rôle dans de multiples civilisations 

d’Afrique noire : le muntu des Bantous ou le ménébé des Oulé p.143. Voir aussi C. D. Gmuller., «La 

position de l’Egypte chrétienne dans l’Orient ancien, Influences et communications avec les pays voisins 

d’Afrique et d’Asie», Muséon 92, 1979, p.105. Sur l’influence de l’Egypte sur les civilisations anciennes 

d’Orient, voir Théophile Obenga , l’Egypte ,la Grèce et l’Ecole d’Alexandrie : Histoire interculturelle 

dans l’Antiquité, aux sources égyptiennes de la philosophie grecque, l’Harmattan, Paris, 2005. 

22  Pour les termes hyéroglyphiques de Ka, Ba, Akh, voir Ashraf Sadek, Dictionnaire 

Hiéroglyphes-Français, Préface de Kenneth A. Kitchen, Professeur. émérite à l’Université de Liverpool, 

Editions Le Monde Copte , 2006. pp. 135. 

23  Albert Camus, « L’incroyant et le chrétien », fragment d’un exposé fait au couvent des 

dominicains de La Tour—Maubourg en 1959, Actuelles. Chroniques 1944—1948, Gallimard, 1950 cité 

par Jean –Claude Guillebaud, Comment je suis redevenu chrétien Albin- Michel, 2007, Page 9. Ce n’est 

pas seulement les Coptes qui ont commencé à prendre conscience de leur passé et leur avenir dans un 

océan islamiste, mais les Européens aussi ont commencé à se poser des questions sur leur relation avec 

l’Islam. L’historien Sylvain Gouguenheim récuse que la science des Grecs ait été transmise à l’Occident 

par le monde musulman. Que croyons nous donc ? En résumé ceci : le savoir grec antique en philosophie, 

médicine, mathématiques et astronomie, après avoir tout à fait disparu d’Europe, a trouvé refuge dans le 

monde musulman, qui l’a traduit en arabe, l’a accueilli et prolongé, avant de le transmettre finalement à 

IntroductIon 

17 

d’Egypte obéissent à cet idéal. Ils ont porté toujours leur condamnation 

et, en plus, ils sont déjà sortis de l’abstraction et ils se sont mis en face 

de la figure sanglante de leur propre histoire. Ils veulent parler au monde 

à voix haute et claire24! 

Aujourd’hui, les Coptes sont partagés entre le désir de parler à haute 

et claire voix de leur foi et de leur tradition au monde et l’actualité de 

leur sanglante histoire dans un Etat Islamiste25, pris entre leur riche passé 

plein d’énergie et de foi, leur avenir, incertain dans leur propre pays, et 

leur présent tourmenté par une recherche laborieuse afin de retrouver 

les traces perturbées et peut-être perdues de leur identité26. L’histoire 

l’Occident, permettant ainsi sa renaissance, puis l’expansion soudaine de la culture européenne. Selon 

Sylvain Gouguenheim, cette vulgate n’est qu’un tissu d’erreurs, de vérités déformées, de données partiales. 

Ce ne furent pas les musulmans qui firent l’essentiel du travail de la traduction des ouvrages classiques 

grecs en arabe. On l’oublie superbement : même ces grands admirateurs des Grecs que furent Al-Farabi, 

Avicenne et Averroès ne lisaient pas un mot des textes originaux, mais seulement les traductions en 

arabe faites par les Araméens ...chrétiens. voir Aristote au Mont-Saint-Michel : Les racines grecques de 

l’Europe chrétienne, Le Seuil, «l’univers historique», 2008. 

24  His Holiness Pope Shenouda III, the Spiritual Wake, Le Caire, 1982. Voir aussi « A –t-on 

encore le droit d’être chrétien en Egypte ? » dans la revue La France Catholique, 81ème année –n° 3000, 

25 novembre. Dans le dernier numéro de la Revue «Christian Solidarity International», nous lisons à 

propos des chrétiens d’Orient : «Le désir des islamistes d’extirper la croix de cet ancien pays de la Bible, 

est à prendre très au sérieux. Les menaces illustrent bien la réalité. En Irak, les églises sont détruites, les 

pasteurs et les prêtres enlevés. Les chrétiens sont enfermés dans des cachots et des chambres de torture. 

Ils reçoivent des lettres de menace, sont rackettés, doivent payer des «taxes pour couvrir les frais de leur 

protection». Et, comme «incroyants», ils sont invités à se soumettre à l’Islam», CSI, No 351, mensuel, 

Mai 2008. Les Coptes d’Egypte ne sont pas dans une situation meilleure que leurs voisins d’Iraq. 

25  Bernard- Henri Lévy commente le film réalisé par le député d’extrême droite Néerlandais 

Geert Wilders en ces termes : « Un bon film sur l’Islam serait un film qui, à l’inverse, ferait le tri, au sens 

propre la critique, en ce qui, à l’intérieur du texte ou des pratiques qui se sont instituées d’après lui, est, en 

effet, source de violence et ce qui, au contraire, va dans le sens de la paix et de l’élévation des âmes - le 

type de travail, ni plus ni moins, dont se sont acquittés, dans le passé, avec leur propre texte saint, les Juifs 

et les Chrétiens. Islam modéré contre Islam radical ? Islam des Lumières contre cette caricature d’Islam 

qu’est l’Islam intégriste ? C’est cela la grande question de ce temps, le seul choc de civilisations qui 

vaille.»,  Le Point, 3 avril, 2008, n° 1855, p.98. La haine contre les Coptes règne en Egypte. voir l’article 

de Nader Shukry «When hate reigns» dans Watani, 4 May ,2008. 

26  Sur l’état actuel de quelques aspects de la vie quotidienne des Coptes d’Egypte, voir 

Christian Cannuyer, dans, Solidarité -Orient, Bulletin, 234. La Commission européenne a pris une 

résolution critique sur la situation des droits de l’homme en Egypte, adoptée à la quasi-unanimité, par 

le Parlement européen. Ce dernier avait notamment demandé que « soit mis un terme en Egypte à tous 

types d’actes de torture et de mauvais traitements » et avait considéré que les « Coptes, les bahaïs, les 

chiites, les coranistes et d’autres minorités religieuses demeurent regrettablement ostracisés pour des 

IntroductIon 

18 

des Coptes est un long calvaire, c’est le peuple le plus opprimé de la 

terre27. Les Coptes deviennent une minorité chez eux28. L’identité copte 

est actuellement menacée de tomber dans l’oubli parce que, jusqu’il a 

peu, en dehors des habitants ou des résidents en Egypte. Les Coptes 

n’étaient connus que des égyptologues, des historiens de la religion, des 

exégètes, théologiens, patrologues et liturgistes chrétiens ainsi que d’un 

certain nombre de touristes et d’occidentaux par les Breaking News des 

raisons sectaires », La Croix, Lundi 21 Janvier 2008, p4. Voir aussi, Sami Awad Aldeeb Abu-Sahlieh, 

l’Impact de la Religion sur l’ordre Juridique, cas de l’Egypte, non-musuluman en pays d’Islam, Editions 

Universitaires Fribourg Suisse, 1979. 

27  L’histoire des Coptes est une histoire tragique . Il est vrai que les coptes n’ont pas subi 

des massacres massifs comme les Arméniens, mais ils ont vécu un autre type des massacre culturel. Les 

envahisseurs arabes ont tout fait pour faire disparaître la langue copte, l’histoire des Coptes et la tradition 

théologique de l’école d’Alexandrie. Il suffit de signaler à titre d’exemple que les mille ans inaugurés 

par la venue d’Alexandre le Grand en Egypte en 312 av. J.C et s’achevant par l’invasion arabe en 641 

ap.J.C ne figurent pas dans les livres scolaires et universitaires de l’Egypte d’aujourd’hui. Voir, A.S. Attia, 

KIBT, the Encyclopaedia of Islam, New Edition, volume V, Leiden, 1980, pp.9o-95. Un exemple frappant 

de la manière dont les Arabes musulmans traitaient les Coptes est donné par le témoignage de Jason. R. 

Zaborowiski dans son ouvrage : The Coptic Martyrdom of John of Phanijoit, Assimilation and conversion 

to Islam in Thirteenth century Egypt, Brill, Leiden, 2005, E. L. Butcher, The story of the Church of Egypt, 

London, 1897. 

28  Histoire des Coptes d’Egypte, Entretiens avec Magdi Sami Zaki, propos recueillis par 

Catherine Robinson, dans le journal Présent, N° 5849, Mercredi 8 Juin 2005. Voir aussi l’ouvrage de Zaki 

L’Histoire des Coptes d’Egypte, Editions de Paris, 2005 ; Martiniano Roncanglia, Histoire de l’Eglise Copte, 

tome I. Les origines du christianisme en Egypte : du judéo-christianisme au christianisme hellénique, 

1e et 2e siècles Beyrouth, Dar El-Kalima, 1966, pp.137-150. Sur l’état actuel des Coptes en Egypte, voir 

Otto.F.A.Meinardus, Christians in Egypt, American University in Cairo, 2006, p. 21-32. Les Coptes ne 

sont pas les seuls chrétiens d’Orient qui sont menacés et marginalisés, pour les chrétiens de l’Iraq et de 

Gaza, voir Benjamin Barthe «Les chrétiens de Gaza entre craintes et rumeurs», Le Monde, Dimanche 

24-Lundi 25 février, p.6. On a commencé à parler des pressions subies par les chrétiens d’Algérie, voir 

Amir Akef, « Les inquiétudes de la communauté catholique d’Algérie », Le Monde, Mardi 26 février 

2008, p.6. Sur l’exode massive des chrétiens d’Irak en Suède, voir « Un petit coin de Mésopotamie en 

Suède », Le Monde, mardi 13 mars 2008, p.3 où on peut lire : «Fuyant les persécutions à Bagdad, de 

nombreux chrétiens d’Irak sont venus s’installer dans une cité industrielle, près de Stockholm. On y parle 

chaldéen, on joue au foot. ..... Le Christian Solidarity International a mené une enquête terrain les 3-11 

novembre 2007, intitulée «Les Chrétiens d’Irak menacés d’extinction», N° 350 mensuel, Avril 2008. 

Sur la situation politique et sociale actuelle en Egypte et le rôle des Frères musulmans, voir l’article de 

Patrice Claude, «Municipales sous contrôle et tensions sociales ; Le pouvoir égyptien contesté»,  Le 

Monde, jeudi 1er avril, 2000, p.4. Dans une étude sur «les régimes arabes modernisent......l’autoritisme», 

Le Monde Diplomatique, avril 2008, pp.10-11, Hicham Ben Abdall El Alaoui, un musulman françophone 

écrit en ces termes : «Depuis la première guerre du Golfe (1990-1991), les pays arabes du Proche–Orient 

et du Maghreb ont connu une succession de bouleversements qui, partout ailleurs ont déstabilisé bien des 

pouvoirs. Pourtant, la plupart ont réussi à maintenir des structures archaïques que ni la seconde guerre 

mondiale ni la décolonisation n’avaient fait disparaître. Une opposition efficace peine à émerger alors que 

les dirigeants tentent de se refaire une virginité aux yeux du monde». 

IntroductIon 

19 

médias internationaux. Les Coptes sont terriblement marginalisés29. Un 

éminent égyptologue et coptologue a posé enfin la question d’une façon 

claire et nette : « mais, enfin, qui sont donc les Coptes ? » La réponse 

a été donnée par le professeur Ashraf Sadek à la même question d’une 

française « mais, enfin, ces Coptes, qui sont- ils au juste ? »30. 

Actuellement, on désigne par le terme « Coptes » les chrétiens 

d’Egypte ; le mot « copte » signifie en réalité « Egyptien ». Il vient 

de l’ancien égyptien HOT-KA-PTAH, nom de l’ancienne capitale, 

Memphis, ainsi que de Kemet ou Kepet ou « Gepet », mot qui signifie 

« terre noire » et désigne tout le pays des pharaons. Les Grecs ont repris ce 

terme pour en faire « _____π___ aiguptos », terme par lequel ils désignent 

le peuple d’Egypte. Lors de l’invasion arabe (641 ap. J.C.), les Arabes 

et musulmans ont utilisé ce mot « guibte » ou « copte » pour désigner 

les Egyptiens, qui, à l’époque, étaient tous chrétiens ; peu à peu, une 

identification s’est faite entre « copte » et « chrétien ». Il faut donc bien 

comprendre que le mot « copte » recouvre en fait de multiples réalités : 

il désigne les Egyptiens demeurés chrétiens après la conquête arabe et 

jusqu’à nos jours, mais aussi la langue, l’art et la civilisation de l’Egypte 

entre la fin de l’époque ptolémaïque et l’arabisation du pays au septième 

siècle de notre ère, soit, environ, de 30 av. J.-C. jusqu’au tout début du 

Moyen Age31. 

29  «...aucune voix ne s’est encore élevée pour dénoncer le «génocide culturel», «l’évacuation 

du champ historique» de la nation copte. ..» J.-P. Péronce –Hugoa, Le Radeau de Mohamet, Paris, 1983, 

p.125. 

30  Le Monde Copte No 25---26 p. 5—14. Un éminent copte de la famille Boutros Galli a 

écrit clairement sur les discriminations que les Coptes subissent en Egypte, voir Les Coptes en Egypte (Al 

–Akbat fi Misr), Le Caire, 1979, Les Coptes, Hamburg, I, Tout 1700, 12 Septembre 1993. 

31  L’Egypte, Texte de Ceres Wissa Wassef, Hatier, Paris, 1984. Voir aussi, Les Coptes, Band 

3, European Coptic Union E.V.Hamburg I, 1983. Pour l’origine du mot copte, voir Vycichl, Dictionnaire 

Etymologique de la langue Copte, Leuven, 1983, p.81. Voir aussi Crum, Coptic Dictionnary, London, 

1929, p.11. Sur la langue copte, voir aussi Thomas Lambdin, Introduction to Sahidic Coptic, USA, 

1983.

IntroductIon 

20 

Actuellement, le nombre exact des Coptes reste un sujet tabou : 

en effet, les déclarations officielles tentent à minimiser la proportion de 

chrétiens. L’Eglise copte évalue à treize millions, au moins, le nombre 

de ses fidèles, dont un million vit désormais hors d’Egypte32. Ceci porte 

à 19% la proportion de Coptes dans le pays. 

Les traits caractéristiques de l’âme Copte : 

L’une des caractéristiques des ancêtres des Coptes contemporains 

est signalée, paradoxalement comme beaucoup d’autres survivances 

de l’âme égyptienne ancienne dans l’âme copte contemporaine, par 

Hérodote : « En tout cas, ce sont les Egyptiens qui, les premiers parmi 

les hommes, célébrèrent de grandes fêtes religieuses nationales, des 

processions faisant cortège aux dieux ou accompagnant des offrandes 

et les Grecs en ont appris d’eux la coutume »33. Observateurs des 

coutumes ancestrales, les Egyptiens n’en ajoutent point de nouvelles34. 

Les véritables survivances de l’Egypte d’autrefois sont à chercher dans 

32  Ibid, p. Sur l’immigration des Coptes dans les pays d’Occident et leur rôle dans le progrès 

de ces pays et le nombre de leurs églises, voir Otto Meinardus, Christians in Egypt, American University 

Press, Cairo 2006, pp. 49-53. Anne Sophie Vivier Munursean, Chrétiens d’Orient entre intégration 

urbaine et Ghetto : Coptes du Caire et Arméniens D’Isfahan, Orient Chrétien, tome 56, 2àà- Fasc. 1-2, 

pp. 66-79. Sur Les statistiques du nombre des Coptes, Joseph Long ton : « Les statistiques officielles 

égyptiennes recensent 2,5 millions de Coptes, chiffre largement sous-estimé ; l’Eglise copte évalue, sur 

des données fiables, le nombre de ses fidèles à 7,5 millions en Égypte auxquels il faut ajouter plusieurs 

dizaines de milliers de Coptes immigrés dans le monde arabe ou occidental », Fils d’Abraham, Panorama 

des communautés juives, chrétiennes et musulmanes, Brepols, 1987, p.81. Il faudrait mentionner les 

publications des Coptes des Etats -Unis d’Amérique et en particulier Coptic American Association, 

California, vol. 8, N° 91, February 2007. Pour la première fois un responsable égyptien accepte d’être 

interrogé sur le nombre des Coptes en Égypte, mais il n’a rien dit de précis. Voir WATANI, 9 Septembre 

2007, p.6 9 (en arabe). 

33  Hérodote, Histoires 11, p. 106. Pour l’influence de l’âme égyptienne sur les philosophes 

grecs, voir Théophile Obenga, L’Egypte, La Grèce et l’Ecole d’Alexandrie, L’Harmattan, 2005 p.26. 

34  Ibid, p.118. Voir aussi Lucien Regnault, La vie quotidienne des pères du désert en Egypte 

au 1Ve siècle, Hachette, Paris, 1990 : «Pourtant, quelle nouveauté dans la décision d’Antoine d’aller 

habiter le désert ! » souligne son biographe. « Antoine propose à son «ancien» de partir avec lui mais 

celui- ci refuse, alléguant son grand âge et le caractère inusité de la chose. Cela ne s’était jamais fait ! Il 

fallait donc au jeune Antoine une fameuse audace ou une sérieuse poussée de Dieu - ou plutôt les deux - 

pour lui faire concevoir et réaliser son projet», p.29. 

IntroductIon 

21 

l’Egypte d’aujourd’hui ; et elles sont innombrables. Il est déjà frappant 

de constater le nombre de toponymes anciens qui ont survécu à travers 

les transcriptions modernes : Assouan, Ombo, Edfou, Esna, Dendérah 

sont des noms anciens, comme le sont ceux du Fayoum, d’Assiout, 

de Sân, de Sammanoud, de Sammalout ou de Damanhour35. Dans les 

textes monastiques, le cadre de ces lieux n’a pas changé et les noms 

des vieilles cités sont présents, en permanence, sous la toponymie 

moderne36. L’immigration n’existait pas en Egypte ancienne, mais c’est 

un phénomène nouveau. La communauté copte d’Egypte est aujourd’hui 

marginalisée et connaît des difficultés, ce qui la pousse à émigrer en 

Grèce, mais aussi en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux 

Etats-Unis et en Australie. La diaspora copte reste fortement attachée à 

son patrimoine culturel37. 

Parallèlement à ce mouvement migratoire, l’Eglise copte 

contemporaine connaît un extraordinaire renouveau : une prise de 

conscience à la fois historique, théologique mais spirituelle d’abord, 

qui se traduit par de multiples vocations religieuses, par l’établissement 

35  Pour les noms coptes de ces endroits, voir E. Amelineau, Géographie de l’Egypte à 

l’Epoque Copte, Paris, 1890. 

36  Serge Sauneron, dans une étude sur les Survivances de l’Egypte ancienne non seulement 

dans l’Egypte d’aujourd’hui, mais aussi sur la culture Africaine, écrit : «Bien des pratiques égyptiennes ont 

survécu, peut-être à travers la civilisation de Méroé ; l’influence, si influence il y a, ne serait qu’indirecte 

; d’autre part, bien des croyances religieuses qui présentent des affinités avec celles d’Egypte, peuvent 

descendre d’un vieux fonds commun paléoafricain, et l’ancienne Egypte n’est pas à mettre en cause. 

Les véritables survivances de l’Egypte d’autrefois sont à chercher dans l’Egypte d’aujourd’hui ; et 

celles-ci sont innombrables. Il est déjà frappant de constater les nombre de toponymes anciens qui ont 

survécu à travers les transcriptions arabes modernes. La présence de l’ancienne Egypte reste perceptible 

à travers toute la campagne égyptienne. Enfin, il est certaines pratiques funéraires qui ont persisté 

jusqu’à aujourd’hui. L’une des plus frappantes est l’intervention bruyante des parents et des amies qui, 

transformées en «pleureuses», viennent se lamenter auprès de la maison où le deuil est entré, comme 

sur l’émouvant tableau de la tombe de Ramosé », Dictionnaire de la Civilisation Egyptienne, Paris, 

1988, pp.276-278. Voir aussi E. Amelineau, Géographie de l’Egypte à l’Epoque Copte, Paris, Imprimerie 

nationale, M. DGGG, XC111. 

37  Ibid, p. 8. Voir aussi Le Monde, Vendredi 18 Mai, 2007, Monde des livres, p.3. Les 

Coptes immigrés aux Etats-Unis donnent leur combat pour attirer l’attention du monde sur les souffrances 

des Coptes d’Egypte, La Revue Coptic American Association, California, vol.8, n° 94, May 2007.

IntroductIon 

22 

de centres de recherche scientifique38 et par une grande vitalité des 

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